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Livres d’enfant sur le racisme et l’antisémitisme

20 Avr

Bonjour !

J’ai décidé de partager avec vous mes livres pour enfants préférés sur des sujets, classés par thème. Il s’agit de livres pour jeunes enfants, entre 1 et 6 ans. La liste de ces articles se trouve ici.

On a déjà parlé des albums sur la différence en général. Je vous y ai notamment présenté « Quelle est ma couleur ? » qui est mon album favori pour évoquer la différence de couleur de peau et « Les questions des petits sur les religions », qui est mon préféré sur les différences de religion.

Mais je pense qu’un seul livre par sujet ne suffit pas pour aller à l’encontre des préjugés qui sont actuellement si répandus tout autour de nous et se trouvent même là où on ne les attend pas. En effet, vous avez sans doute vu à travers mes articles que la littérature jeunesse française contribue clairement à la diffusion du racisme ordinaire. Bien sûr, c’est en écho à la pensée actuellement majoritaire en France (à court terme, l’offre et la demande s’auto-entretiennent).

En fait, je me suis aperçue qu’il n’y a quasiment que deux types de livres sur les étagères des librairies et bibliothèques jeunesse. Soit le livre fait mine d’encourager le vivre ensemble, mais sans être réaliste : en dessinant des animaux à la place des humains. Soit le livre montre des personnages humains, et ils sont à 99,9 % blancs, que ce soit pour les rôles principaux mais aussi pour les rôles secondaires ! Et quand une personne noire fait partie des héros, c’est souvent que l’histoire se passe dans une cité. Comme si en France, à part dans les cités, il n’y avait que des blancs…

Or c’est dans la petite enfance que ces préjugés s’ancrent dans le cerveau.

Voici 4 livres qui m’ont semblé particulièrement utiles sur le sujet du racisme et de l’antisémitisme, en plus de « Quelle est ma couleur ? » et « Les questions des petits sur les religions », puis une réflexion sur les livres que nous avons pour lutter contre le racisme – notamment ceux achetés chez Mc’Donalds.

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Côté cœur

Ce livre de Rascal est imprimé en Italie et publié en 2000 chez l’École des loisirs (lien vers la fiche du livre).

Dans cet album, c’est François qui raconte sa relation joyeuse avec son amie Anissa, dans une cité (l’Ecole des loisirs, vous pensez réellement qu’il n’y a pas d’immeuble HLM en dehors des cités ?).

Francois observe les prises de position ouvertement racistes de son père, qui utilise des « mots sales » pour désigner les immigrés. On voit ensuite François et Anissa parcourir un dictionnaire pour lister des « mots qui puent » et des « mots qui sentent bon ».

L’histoire n’est pas pesante, et elle est très bien servie par les illustrations. On reste dans l’imaginaire du héros, qui se voit notamment marié avec Anissa. 

Ce livre montre que dans une même famille, tout le monde n’a pas les mêmes avis. On apprend également que la maman de François les a quittés, et qu’avant son papa n’était pas raciste. Ce sont autant de pistes de discussions possibles si on souhaite prolonger ce livre (ce qui n’a rien d’obligatoire, d’ailleurs nous ne l’avons pas encore fait). Je trouve notamment éclairant d’essayer de se mettre à la place du père pour comprendre comment il en est arrivé à cet état de frustration et d’aigreur.

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Peau noire, peau blanche

Ce livre de Yves Bichet est imprimé en Italie et publié en 2000 chez Gallimard jeunesse (lien vers la fiche du livre).

Dans cet album, c’est Issam qui raconte sa vie dans une cité de Marseille (Gallimard, vous pensez vraiment qu’à Marseille il n’y a pas d’habitants noirs en dehors des cités ?).

Il y a le calme et l’amour de sa mère (blanche), il y a son père (noir) qui n’arrive pas à trouver de travail de grutier, puis leur déménagement en région parisienne et la méchanceté d’autres enfants à cause de la couleur de peau d’Issam.

La famille déménage finalement au Sénégal, et là c’est la maman qui a du mal à être acceptée par ses voisines.

Avec ce livre, on voit que le rejet et la violence peuvent exister dans tous les milieux. Il n’y a pas que les blancs qui stigmatisent ceux qui ne leur ressemblent pas. Mais évidemment, une piste de discussion est qu’on est plus exposé au rejet quand on ne fait visiblement pas partie de la majorité.

Un détail qui me plait dans ce livre est  le jeu « pourquoi ? » « parce que » « pourquoi quoi ? » « parce que que » entre Issam et sa maman quand l’un d’entre eux est triste face à l’injustice de la vie. Cet échange rythme et allège l’histoire, qui ne se passe pas spécialement bien. En fait c’est comme dans la vie, tout n’est pas toujours facile ou juste, et on ne peut pas tout solutionner d’un coup de baguette magique, alors il faut trouver comment alléger les choses pour vivre avec.

A noter, il est utile qu’un adulte accompagne cette lecture, pour expliquer à l’enfant les alternatives à cette histoire. En effet, une fois le livre refermé, le Béluga a dit que si j’allais en Afrique, il faudrait que je peigne ma peau en noir ! J’ai rebondi sur ce qu’on a vu dans le livre « Horacio ne veut plus aller à l’école » : la solution pour vivre avec les autres, ce n’est pas d’effacer nos différences, c’est de faire comprendre à l’autre qu’elles ne sont pas dangereuses. Et de lui montrer qu’à côté de nos différences, il nous reste beaucoup de choses en commun, bien assez pour vivre ensemble. A ce sujet, je vous remets le lien vers la super publicité All That We Share (version sous titrée en français).

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Le petit garçon étoile

Un soir, le Béluga est rentré de l’école avec un bracelet publicitaire «t’as la parole – fête le 8 mai 2019 » en me demandant qu’on aille à cet événement qui incluait un pique-nique et des jeux. Méfiante (l’école du Béluga est catholique), je suis allée chercher plus d’informations sur internet et j’ai découvert cette page avec une vidéo promotionnelle montrant des enfants répétant en boucle « le 8 mai c’est la fête du caté ». Alors je suis très favorable à la liberté religieuse, mais j’ai mis les choses au point avec le Béluga : le 8 mai, ce n’est pas une fête religieuse. Le 8 mai, c’est un jour férié en France parce que c’est l’anniversaire de l’armistice de la seconde guerre mondiale, pendant laquelle il s’est passé des choses qu’on doit absolument garder en mémoire. J’ai montré la France et l’Allemagne sur une carte et expliqué au Béluga qu’il y a eu une première guerre mondiale, que l’Allemagne a perdu et s’est sentie humiliée suite aux réparations à payer. Puis j’ai continué avec l’émergence d’Adolf Hitler qui voulait rendre leur fierté aux Allemands… au détriment de tous ceux qui n’étaient pas blonds aux yeux bleus, et en particulier aux personnes de religion juive qui ont été accusées d’être la source de tous les malheurs, puis qui ont été capturées et tuées. (Pour simplifier, je n’ai pas précisé que les Tziganes ainsi que les opposants politiques et les personnes handicapées étaient aussi systématiquement tuées). Et j’ai ouvert ce bel album, « Le petit garçon étoile », que j’avais justement emprunté quelques jours plus tôt à la bibliothèque et dont je me demandais sous quel prétexte le lire aux enfants non sensibilisés. Le 8 mai, c’est donc une bonne occasion à mon avis.

Cet album de Rachel Hausfater est imprimé en France et paru en 2014 chez Castermann (lien vers la fiche du livre). Il raconte l’histoire d’un petit garçon à qui on a appris qu’il était une étoile.

Il y a des chasseurs d’étoile (avec un brassard arborant la croix gammée), des étoiles qui s’éteignent, le petit garçon qui part avec d’autres enfants à la campagne, puis qui réapprend à vivre. Je tire mon chapeau à l’autrice et à l’illustrateur pour cet album qui réussit le tour de force d’évoquer de manière poétique et parfaitement adaptée aux petits la réalité d’un des pires événements de notre histoire.

Avis aux adultes : il peut être utile de lire cet album d’abord seul-e, afin de vivre librement les émotions éventuellement déclenchées par l’évocation de la Shoah, et ensuite le lire à l’enfant avec du recul.

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Cité Babel

Ce livre de Pascale Hédelin est imprimé en Italie et publié en 2015 chez Les Éditions des éléphants (lien vers la fiche du livre).

Il est recommandé à partir de 7 ans mais je l’ai acheté quand le Béluga avait 5 ans. En effet, il est très accessible et il n’y a pas besoin de le lire de bout en bout pour en profiter.

Dans ce grand album, chaque page est découpée en 4 pour suivre la vie des 4 niveaux d’un immeuble : une boutique au rez-de-chaussée puis une famille par étage : une famille chrétienne, une famille juive et une famille musulmane. Dans la boutique, on voit des personnes d’autres religions ainsi que des personnes athées.

Les pages suivent le cours d’une année, avec le changement des saisons et les différentes fêtes religieuses (et parfois non religieuses) des familles et des clients du magasin. Il est donc très simple de regarder seulement ce qui se passe à une saison donnée, ou pour une famille donnée, et ainsi de se documenter concrètement sur les grandes religions monothéistes.

Cet album montre également ce qui devrait être une évidence : quelle que soit notre (absence de) religion, on a tous des repas, des fêtes, on s’occupe d’enfants… bref, même si on fait les choses différemment, l’autre n’est pas un diable, un abruti ni un sorcier.

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Et tous les autres livres ?…

Je finis cet article en citant cet article du blog Maëva danse, qui liste de nombreux ouvrages dont le personnage principal à la peau foncée, sans pour autant vivre dans la savane. En effet, on devrait tous lire ce type d’albums à nos enfants, de même que des livres où les garçons comme les filles ont des rôles variés. Parce que si on se contente de dire « il faut respecter les gens différents » ou « les filles et les noirs sont aussi chouettes que les autres », mais qu’en pratique ils sont absents de notre univers, y compris littéraire, l’enfant comprend bien qu’il y a les beaux discours d’un côté, et la réalité de l’autre.

Ici, on a effectivement plusieurs livres dans lesquels figurent des héros de différentes couleurs de peau. Les plus nombreux viennent des restaurants Mc Donald’s, et je voulais vous dire, une bonne fois pour toutes, tout le bien que j’en pense.

L’ouvrage disponible chez Mc Donald’s est édité en collaboration avec les éditions Hachette, mais il est vendu exclusivement dans les restaurants et il change tous les mois. Et chaque année, c’est la collection qui change. En 2018, Le club des aventuriers de l’histoire mettait en scène un groupe de 4 enfants (Cléa, Mehdi, Yoko et Georges) qui voyageaient dans chaque album à une époque différente du passé.

En 2019, le thème est la musique, et on a déjà « La cornemuse enchantée » dont vous avez vu la couverture un peu plus haut.

Je vais vous dire pourquoi j’aime ces ouvrages. D’abord, de ce que j’ai vu, ces livres sont de belle qualité : à la fois en terme de papier et de reliure, mais aussi pour la variété des sujets abordés, les illustrations, le texte et les petits ajouts ludiques comme des « cherche et trouve » au fil des pages. Et, ce qui les distingue très nettement des étagères des librairies standard, c’est que le contenu veille à ne pas exclure les minorités visibles, ni à cantonner filles et garçons dans le sempiternel modèle garçon fort et actif/fille douce et belle.

Et l’avantage clé, c’est que ces albums sont très faciles à trouver : les restaurants Mc Donald’s sont, qu’on le veuille ou non, présents sur tout le territoire français. Et le livre du mois peut être acheté indépendamment du menu Happy Meal, à un prix assez incroyable : 72 centimes d’euro !

Les esprits chagrins considèreront sans doute qu’acheter ces livres signifie mettre un pied, et donc cautionner, ce fast food. Moi je pense que c’est une honte pour toute la société, que des lecteurs éclairés en soient réduits à aller dans un restaurant pour être sûr de trouver une littérature inclusive, sans devoir devoir parcourir chaque livre pour vérifier l’absence de stéréotypes !

Et si vous craignez d’exposer votre enfant à l’ambiance des fast food, rien ne vous empêche d’y faire un saut sans lui, aux heures creuses, pour acheter le bouquin. Ensuite, il vous suffit de le garder pour une occasion, ou tout simplement d’ajouter le nom de l’enfant sur l’emballage plastique puis de déposer le livre dans votre boîte aux lettres. Les enfants adorent recevoir quelque chose dans la boîte aux lettres ! Et si vous le faites une fois par mois, cela mime efficacement les abonnements de l’École des loisirs tout en étant infiniment moins cher, plus facile à ranger (les albums des abonnements École des loisirs sont souvent grand format), plus fréquent (seulement 8 albums par an avec l’École des loisirs) et moins sujet aux stéréotypes de couleur de peau ou de genre.

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Pour conclure, il existe heureusement des maisons d’édition qui veillent à ne pas perpétuer de stéréotypes racistes, sexistes ou autres. Je les découvre au compte-goutte, puisque malheureusement elles ne sont pas très présentes sur les étagères des librairies ni celles des bibliothèques. D’après ce que j’ai vu, on peut au moins citer KaléidoscopeTalents hauts et Les Éditions des éléphants. J’aimerais dédier un article à chacun des éditeurs jeunesse qui publient des livres agréables et responsables, afin de les faire mieux connaître (et qu’ils prennent un peu de la trop grande place laissée aux satanées Éditions Fleurus !). Pouvez-vous m’aider en m’indiquant vos maisons d’édition jeunesse préférées ? Merci d’avance !

Bon week-end !

Livres pour enfant sur le végétarisme

13 Avr

Bonjour !

J’ai décidé de partager avec vous mes livres pour enfants préférés, classés par thème. Il s’agit de livres pour jeunes enfants, entre 1 et 6 ans. La liste de ces articles se trouve ici.

Aujourd’hui, on parle de végétarisme, au sens large d’une alimentation sans viande, basée sur des aliments végétaux. Les 3 livres que je vous présente aujourd’hui peuvent être utilisés pour expliquer le concept d’une alimentation végé aux enfants, ou pour le simple plaisir de lire une histoire.

Vous pouvez voir ici des livres montrant des exemples de plats végétaux, et des livres pour expliquer le véganisme aux enfants.

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L’ami du petit tyrannosaure

Ce livre de Florence Seyvos est imprimé en France et paru en 2005 à L’École des loisirs (lien vers la fiche du livre). Je ne me lasse pas de ce livre, que le Béluga a découvert à 3 ans et qu’il lit encore de temps en temps alors qu’il en a 6.

A travers l’histoire de ce petit tyrannosaure qui apprend à ne plus manger ses amis, on voit qu’il est possible de trouver des solutions originales pour gérer nos envies tout en respectant nos valeurs.

Pour compléter mon avis, voici celui du site Ricochet.

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Un loup dans le potager

Ce livre de Claire Bouiller est imprimé en Belgique et paru en 2013 aux Éditions Mijade (lien vers la fiche du livre). Il est épuisé mais c’est un livre apparemment classique des classes de maternelle donc il est trouvable en bibliothèque.

Monsieur Loup a eu si faim cet hiver qu’il a décidé de s’organiser : il cultive un potager et fait des conserves. Il est tellement occupé qu’il n’a plus le temps de chasser. Les animaux de la forêt sont soulagés, mais un matin, le loup découvre son potager saccagé et se met très en colère. Va-t-il recommencer à manger les autres animaux ? Le hibou lui chuchote alors une solution pleine de sagesse… Demander à ce qu’on lui apporte des graines pour replanter son potager !

D’abord tremblants, les animaux lui en apportent de toutes sortes et le loup est finalement très gentil. Tout le monde jardine ensemble puis partage un repas agréable sur une belle table dressée à l’ombre des arbres. On devine que c’est le début de nombreux autres bons moments.

J’aime beaucoup les couleurs douces, les dessins arrondis et l’ambiance « à l’ancienne » de ce livre. Petit plus, j’apprécie que lorsqun’il apprend que le petit lapin a fait une bêtise, le loup lui propose une réparation.

Pour compléter mon avis, voici celui du site Ricochet et celui du blog Enfant végé.

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Qui a mangé mes cornichons ?

Ce livre d’Audrey Bouquet est imprimé en Bulgarie et paru en 2018 aux Éditions l’Âge d’homme (lien vers la fiche du livre). Comme les deux livres précédents, ce livre me semble bien adapté de 3 à 6 ans.

Pour moi, ce livre est la version plus actuelle d' »Un loup dans le potager ». L’histoire est bâtie sur le même principe mais les illustrations sont dans un style plus moderne et dynamique (couleurs plus vives, expressions exagérées), le texte est en rimes et le vocabulaire est différent. Entre les deux albums, mon préféré est « Un loup dans le potager », mais c’est « Qui a mangé mes cornichons ? » qui a les faveurs du Béluga.

Dans la forêt, les animaux ont tous peur de Carny le loup…. « Aoooooooouuuuh ! » Mais ce qui les occupe en ce moment, c’est que chaque nuit quelqu’un vole « des légumes, des fleurs et même des fruits ». Après avoir tenté en vrai de démasquer le voleur, ces animaux prennent leur courage à deux mains pour demander l’aide du terrible loup…

Vous devinez la chute : En fait Carny est devenu végétalien (oui oui, vous avez bien lu, il y a écrit « végétalien » dans ce livre) ! Et pour maintenir sa réputation terrifiante, il demande aux animaux de garder son secret. En échange, les animaux lui apprennent à jardiner pour ne plus qu’il ait à voler sa nourriture.

Pour compléter mon avis, voici celui du site Ricochet.

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Pour finir cet article, je vais vous expliquer pourquoi, après réflexion, je n’apprécie finalement pas le livre T-Végi : le petit tyrannosaure dévoreur de légumes. Dans ce grand album aux couleurs acidulées, les amis d’un tyrannosaure végétarien se moquent de lui mais comprennent ensuite qu’on peut être végétarien et costaud.

Ce que j’aime dans cet ouvrage, c’est la profusion de plats végétaux aimés par Alex, le tyrannosaure surnommé T-Végi : un gâteau aux carottes et à la pastèque, des brocolis, un jus pomme banane, etc. Cela peut éventuellement donner envie à un enfant végé qui ne jure que par les pommes de terre, les pâtes et les crèmes dessert au soja.

Un autre aspect qui peut être utile, c’est le message que même si nos copains se moquent de nous, cela peut être complètement infondé, et de plus ils peuvent ne pas le penser vraiment. Ceci dit, d’autres livres jeunesse diffusent un message similaire, y compris avec le même schéma narratif d’un personnage moqué qui accomplit un exploit et gagne alors le respect de ses congenères. Je pense par exemple aux histoires de Kirikou.

Ce qui me gêne vraiment dans cet ouvrage, c’est sa conclusion : « Alex était ravi. Car pour la première fois, il était fier d’être lui… T-Végi ! » N’est-ce pas terrible d’imaginer qu’Alex n’a jamais été accepté avant, y compris tout simplement par ses parents ? D’autre part, je n’aime pas du tout qu’Alex s’identifie totalement à une étiquette (ici le végétarisme, mais c’est valable pour tout) au point de perdre toutes les autres facettes de sa personnalités, jusqu’à son propre prénom ! Si quelqu’un m’offrait cet album, je m’empresserais de coller un petit papier pour modifier cette phrase (puis je le donnerais à une récolte de livres pour enfant, car nous on en a bien assez). On pourrait par exemple remplacer cette phrase par : « Alex était ravi… Car ses amis se régalaient autant que lui ! » En tout cas, si Nourrir son enfant autrement est réédité, j’y remplacerai la recommandation de « T-Végi » par celle de « Qui a mangé mes cornichons ? ».

Bon week-end !

Livres pour enfant sur la différence

6 Avr

Bonjour !

J’ai décidé de partager avec vous mes livres pour enfants préférés sur des sujets, classés par thème. Il s’agit de livres pour jeunes enfants, entre 1 et 6 ans. La liste de ces articles se trouve ici.

Aujourd’hui, j’ai regroupé mes albums favoris évoquant le fait de se sentir ou d’être vu comme différent. C’est un sujet qui me tient à cœur, car je trouve que globalement la société française actuelle cherche soit à gommer les différences, soit à les brandir pour exclure. Sensibiliser dès l’enfance me semble donc nécessaire pour sortir petit à petit de ce modèle dommageable.

Les 6 livres de cet article sont tous des coups de cœur que j’ai achetés afin de les garder avec nous même quand ils seront épuisés en librairie et introuvables en bibliothèque (ce qui arrive trop souvent à mon goût, comme vous l’avez vu dans mes articles précédents).

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Nous sommes là

Ce livre d’Oliver Jeffers est imprimé en Chine (pfff !!) et paru en 2019 aux éditions Kaléidoscope (lien vers la fiche du livre, avec une liste de liens vers des blogs qui donnent leur avis sur ce livre).

Ce n’est pas précisément un livre sur la différence, mais un livre écrit par un papa pour rassembler tout ce qu’il pensait devoir dire à son bébé nouveau né : où est la Terre, ce qu’est la pluie, ce qu’est le corps… Et parmi ces informations clés, il y a le fait que tous les gens sont différents, et que ce n’est pas un problème.

Il y a aussi une page sur les animaux, qui ‘ne parlent pas, mais ce n’est pas une raison pour ne pas être gentils avec eux ».

Ce livre est une merveille absolue, tant au niveau des illustrations, magnifiques, que du texte, à la fois très agréable à lire, simple, profond et riche en informations. Je n’ai trouvé absolument rien à redire, ni au contenu, ni à la manière dont il est amené. Et j’aurais voulu photographier chaque page tellement chacune d’entre elle est parfaite.

Je recommande donc ce livre sans réserve, que ce soit pour un cadeau de naissance, un cadeau de 1 ou 2 mois (si, si, quand les jeunes parents sont au fond du trou de la fatigue) ou pour un enfant jusqu’à 6 ans. Pour compléter mon avis, voici celui du site Ricochet et tous les avis cités sur la fiche officielle du livre. Merci à Chut, maman lit ! pour cette découverte !

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Bienvenus !

Cet album de Barroux est imprimé en Malaisie et publié en 2017 aux éditions Kaléidoscope (lien vers la fiche du livre). Je vous avais déjà parlé de Barroux pour son album Où est l’étoile de mer ? puis Où est l’éléphant ?.

Ici on voit un groupe d’ours blancs sur la banquise quand… crac ! Elle se fracture et laisse 3 ours dériver sur un morceau de glace, qui fond peu à peu. Ils vont atteindre plusieurs pays et à chaque fois l’accueil leur sera refusé. Barroux présente ces situations avec un excellent humour, ce n’est pas pesant ni triste. Puis les 3 ours s’établissent sur une île déserte. Et quand un groupe de singes arrive par la mer et demande l’accueil, que vont dire les 3 ours ?…

J’aime beaucoup cet un album qui se sert de l’humour pour évoquer le sujet des migrations. On peut donc se contenter de le lire pour sourire. Et si on le souhaite, on peut ensuite discuter de ce sujet, qui est vraiment bien expliqué malgré un texte très court. On y voit à la fois le point de vue des locaux et celui des migrants, les freins à l’accueil (la différence, les ressources, l’indifférence) et le fait qu’une fois bien installés, les migrants peuvent devenir des locaux.

Bref, pour moi c’est un album indispensable, surtout à notre époque où les migrations, qu’elles soient économiques, politiques ou écologiques, sont un sujet très souvent abordé dans l’actualité.

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La petite casserole d’Anatole

Ce livre d’Isabelle Carrier est imprimé en Europe et publié en 2009 aux éditions Bilboquet (lien vers la fiche du livre). Vous pouvez voir toutes ses pages sur cette vidéo de Bibliothèque inclusive. Il est malheureusement épuisé, mais on peut le trouver d’occasion à un prix raisonnable et il est au catalogue de plusieurs bibliothèques.

Dans cet album dont les illustrations sont simples et pourtant très expressives, on suit Anatole. Cet enfant traîne une petite casserole qui lui rend la vie plus difficile que ses camarades. Frustré d’être incompris, il décide de s’isoler jusqu’à ce qu’une adulte lui montre qu’elle aussi traîne une petite casserole, et lui apprenne à la gérer.

A la fin du livre, Anatole peut enfin interagir avec les autres enfants, et les autres adultes se rendent compte de ses qualités. Et pourtant, au fond Anatole est toujours le même.

Ce livre aborde de manière lumineuse la question du handicap en général, notamment ce que peut ressentir l’enfant handicapé, sans aucun des poncifs habituels, avec cette magnifique conclusion qu’avec l’accompagnement adapté, un enfant handicapé peut non seulement vivre avec les enfants non handicapés mais aussi être apprécié pour ses qualités spécifiques. C’est un gros coup de cœur pour moi.

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Les questions des petits sur les religions

Ce livre de Marie Aubinais et Martine Laffon est imprimé en Chine et publié en 2016 aux éditions Bayard (lien vers la fiche du livre).

Le sommaire est une liste de 6 questions comme « Pourquoi y a-t-il plusieurs religions ? » ou « Laquelle est la meilleure ? ».

Pour chaque question, une double page en bande dessinée introduit la question puis la conclut.

Entre ces deux double page se trouve une histoire illustrée. On peut sans problème la lire en tant que telle, sans s’occuper des bandes dessinées.

Le sujet des religions est un exemple parfait pour disciter avec un enfant de ce fait réel et important : On peut avoir des points de vue très différents de celui d’autres personnes, sans pour autant devoir diaboliser ces personnes ni devoir décider que l’une a totalement raison et l’autre totalement tort.

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Quelle est ma couleur?

Ce livre d’Antoine Guilloppé est imprimé en Chine et paru en 2010 aux éditions La joie de lire (lien vers la fiche du livre).

Je n’aime pas vraiment l’esthétique de cet album. Pourtant, après l’avoir emprunté à la bibliothèque, j’ai décidé de l’acheter pour le conserver avec nous (comme vous l’avez peut-être remarqué, rares sont les maisons d’édition jeunesse qui gardent longtemps un livre à leur catalogue). Pour moi, c’est encore un livre indispensable en France à l’heure actuelle.

On suit les pensées d’un enfant : Pour son chien, il est son maître. Pour son maître à lui, il est un élève. Pour les autres élèves, c’est « leur copain arabe ». Pour les africains, c’est un français. Pour les extra-terrestres, c’est un terrien, etc.

Cet ouvrage se conclut sur ce message qui devrait être une évidence pour tout le monde : « il y a des Français noirs, blancs, jaunes ou comme moi ». Merci à l’auteur d’avoir écrit ce livre qui parle simple et vrai.

Pour compléter mon avis, voici celui du site Ricochet.

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Il y a d’autres livres que j’ai apprécié sur le sujet de la différence mais qu’on a simplement empruntés à la bibliothèque. Parmi ces livres, il y a des albums assez légers :

  • Jinju – ma soirée pyjama : Pour évoquer qu’il existe des différences de mode de vie (ici dormir par terre et manger salé au petit déjeuner) et que ce n’est pas grave. Je n’ai pas lu les autres albums de la série Jinju.
  • La cagoule : Un enfant visite un zoo avec sa classe. Il porte une cagoule pour cacher sa magnifique crinière rousse… L’ambiance est très rigolote et les élèves portent alors un autre regard sur ces cheveux. A noter cependant, cette histoire banalise la vie des animaux en zoo, et les présentent comme heureux et plutôt libres dans cet environnement ! Pour compléter, voici l’avis du site Ricochet.
  • Petit oursin : https://www.lci.fr/societe/petit-oursin-le-livre-pour-enfants-sur-la-diversite-qui-passe-mal-1526247.html Dans cet album, une petite fille métisse se plaint de ses cheveux crépus. Sa mère n’a visiblement aucune idée des soins à apporter à ce type de cheveux ni de l’importance d’éduquer à l’estime de soi, et n’est d’aucune aide. Puis son pere arrive et lui tresse les cheveux en y ajoutant des perles et autres jolis accessoires. Et à la fin de l’histoire, il tresse aussi les cheveux de toutes les amies de sa fille.
  • Le grand pique-nique : Ce livre sans aucun texte est très chouette. Il permet d’aborder tout plein de choses, car dans cet album sans aucun mot mais avec plein de détails, chacun des nombreux personnages a sa propre histoire. La principale porte les gâteaux précieusement transportés pour le pique-nique, et permet de parler du problème de croire sans preuve ceux qui désignent des coupables. Parmi les nombreuses histoires secondaires, un cerf-volant, un enfant qui en harcèle d’autres, malheureusement sans réaction des parents (c’est l’occasion de sensibiliser à ce problème), un autre qui mange trop de bonbons et finit par avoir une indigestion, etc. Pour compléter, voici l’avis du site Ricochet.
  • Le grand lapin blanc : Dans la forêt vivent des lapins de toutes les couleurs. Mais quelqu’un vole les légumes ! Le grand lapin blanc accuse et exclut les lapins noirs, puis les gris… jusqu’à ce qu’un lapin démasqué le voleur. Vous le devinez sans doute, c’était justement le lapin blanc ! C’est donc un scénario similaire à celui du Grand pique-nique, mais dans un album avec du texte.

J’ai aussi lu au Béluga « Horacio ne veut plus aller à l’école ». Cet album, épuisé, est à lire impérativement avec un adulte. En effet, l’ambiance est sombre et les sujets abordés sont graves, notamment les pensées suicidaires. Mais ce livre quasiment sans texte énonce clairement la définition et l’impact de la discrimination, et le moyen tout simple de passer à une situation normale (l’information des harceleurs, la main tendue aux harcelés). Pour compléter, voici l’avis du site Ricochet.

Je n’ai personnellement pas eu de coup de cœur pour Comme tout le monde, album paru aux éditions Talents hauts en collaboration avec Amnesty international (voici l’avis du site Ricochet). Et je me pose la question d’emprunter Kipik (voici l‘avis du site Ricochet).

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Et côté chanson, Aldebert (ici on est fans d’Aldebert) en a fait une sur le sujet de la différence (il est trop fort Aldebert !) : Les deux ogres. Au passage, si vous souhaitez acheter un CD avec cette chanson, il s’agit de l’édition spéciale Noël de l’elbum Enfantillages 1. (Aldebert on t’aime !!)

Et pour les enfants un peu plus grands, connaissez-vous All That We Share, cette publicité de la chaîne de télévision TV2 Danmark (ici en version sous titrée) ?

Bon week-end !

Livres pour enfant sur la préservation de la planète

30 Mar

Bonjour !

J’ai décidé de partager avec vous mes livres pour enfants préférés, classés par thème. Il s’agit de livres pour jeunes enfants, entre 1 et 6 ans. La liste de ces articles se trouve ici.

Vous avez déjà ici mes livres jeunesse préférés sur le réchauffement climatique (dès 1 an, si si !) et ceux sur les déchets. Aujourd’hui, on parle plus largement de l’écologie, au sens de la préservation des ressources.

Et Aldebert a une chouette chanson sur le sujet : Monsieur Toulmonde. Connaissez-vous ? Ici on aime toutes ses chansons pour enfants. D’ailleurs, sur la demande des enfants, on les écoute en boucle dans la voiture de Doudou – et on n’en a même pas marre, c’est dire !

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Pour les enfants de 1 à 2 ans, je voulais lire Coline, d’Anne-Claire Macé, paru en 2005 aux éditions Tournon jeunesse, mais il est malheureusement épuisé et introuvable d’occasion. L’autrice a écrit d’autres livres dans la même série et ils sont consultables sur son site internet – mais moi c’est Coline qui m’avait tapé dans l’œil.

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Ma planète change

Ce livre de Jimmy Lee est imprimé en Chine et paru en 2013 chez Minedition (lien vers la fiche du livre). Comme c’est un livre cartonné et sans aucun texte, il peut être utilisé dès 2 ans. Le Béluga, qui aura bientôt 7 ans, l’a également apprécié. C’est un livre que je vais probablement acheter à l’occasion, pour le garder avec nous.

L’absence de texte est pratique pour que chacun mette ses mots dessus. On voit d’abord un simple trou rond vide. Enfin non, quand on regarde bien on découvre une petite pousse verte à sa surface. Au fil des pages, le rond est entouré d’arbres. puis on observe un tractopelle récolter les troncs d’arbres coupés, et les arbres sont remplacés par des maisons, puis des immeubles, et finalement des usines qui encombrent toute la page de fumée et de sacs poubelles. Après cette image un peu oppressante qui pour moi représente les excès de notre civilisation, on voit de la glace pousser et de l’eau chasser tout cela :

Puis, sur la surface à nouveau vide autour du rond, des personnages (à la peau très blanche, comme d’habitude, pff…) semer des graines, qui donnent des arbres. Puis apparaissent des maisons… Cela va-t-il recommencer comme avant ?…

Ouf, l’album se termine sur une vision joyeuse où la surface est remplie d’arbres, de maisons, d’immeubles, d’éoliennes, etc. (c’est la même image de la couverture du livre). Bref, une coexistence entre la nature et la civilisation humaine.

Pour moi, cette conclusion est un message optimiste mais aussi pragmatique. En effet, cette situation n’est pas parfaite : on voit bien que tout est un peu serré, et il y a la sempiternelle vache allaitante dans un jardin. Mais honnêtement, la perfection est impossible, donc je pense qu’il est grand temps d’apprendre à arrêter de voir les choses et les gens en « tout blanc ou tout noir », pas vous ?

Pour compléter mon avis, voici celui du blog Des livres et des enfants. Et merci à Chut maman lit de m’avoir fait découvrir ce livre !

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Un confetti de paradis

Ce livre de Florence Langlois est imprimé en France et paru en 2010 chez Albin Michel Jeunesse. Il est recommandé de 3 à 6 ans.

Cet ouvrage est malheureusement épuisé, mais je l’aime tellement que je me devais de vous en parler. Vous aurez peut-être la chance d’en croiser un exemplaire, par exemple dans une bibliothèque ?

Dans ce livre, on suit quatre animaux qui vivent ensemble sur une petite île paradisiaque. Le lapin cultive des carottes, l’ours pêche, le mouton tricote des pulls avec sa laine et le tamanoir construit des jouets. Un jour, ils ont envie de plus : plusieurs pulls colorés au lieu d’un pull blanc, toutes sortes de plats à la carotte, pleins de jouets. Ils utilisent alors des engrains chimiques, testent des colorants, construisent des machines…

La mer et l’île deviennent polluées et les 4 personnages malades. Ils décident d’arrêter leur surconsommation et heureusement tout redevient aussi paradisiaque qu’avant.

Je trouve que ce conte aux illustrations joyeuses explique parfaitement comme nait la surconsommation (quand on confond désir et besoin) et quelles en sont les conséquences concrètes (pollution, santé physique et mentale en berne), tout en restant dans un registre léger et fantaisiste parfaitement adapté aux enfants. C’est un gros coup de cœur pour moi, et je regrette sincèrement qu’Albin Michel Jeunesse n’ait pas maintenu ce titre dans son catalogue.

Pour compléter mon avis, voici celui du site Ricochet.

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Gare au gaspi !

Cet album écrit par Geneviève Rousseau est imprimé je en sais où (peut-être en France), paru en 2016 chez Mijade (lien vers la fiche du livre). Il est adapté pour un enfant de 3 à 7 ans.

L’histoire commence en classe, avec la maîtresse qui explique aux enfants que la planète va mal et donne des conseils pour la préserver au quotidien. L’enfant qu’on suit va donc faire de son mieux pour informer sa famille et changer leurs habitudes… il fait un compost dans le parc de sa petite sœur, remet une partie du linge sale dans les placards, éteint la lumière de la chambre de sa grande sœur et l’éclaire avec une lampe de poche à dynamo….

Sa famille se met en colère et il est triste de ne pas avoir bien agi, mais tout fini bien car sa famille lui montre que grâce à lui elle a changé son quotidien, avec de vraies bonnes idées : un compost dans le jardin, etc.

J’aime ce livre car c’est concret pour les enfants, ce petit garçon qui fait des bêtises en voulant bien faire, et ça permet d’expliquer pourquoi les enfants doivent souvent demander l’accord des adultes. Et j’apprécie évidemment le message fort : chaque famille peut agir à son échelle pour préserver la planète. Enfin, j’aime le second message, très pragmatique : pour changer durablement, il faut réfléchir afin de trouver le moyen que cela réponde aussi aux besoins de chaque membre de la famille. Et j’aime les images des couvertures intérieures, qui montrent au début des situations quotidiennes non écolo, et à la fin leur équivalent durable. L’impact de la consommation de produits d’origine animale n’est as abordé, mais on va dire qu’on ne pouvait pas tout traiter en quelques pages.

Concernant le problème de racisme ordinaire dans la littérature jeunesse, j’ai bien noté qu’il y avait des enfants de différentes couleurs de peau dans la classe, c’est bien.

… Sauf que tous les personnages de premier plan soient tous très blancs de peau (et minces, valides, etc). Pour le héros et sa famille passe encore, mais la maîtresse ? On n’a pas le droit d’exercer un métier intellectuel quand on a la peau foncée en France ?

Concernant le sexiste ordinaire, c’est la maman qui va chercher les enfants à l’école, lave et repasse le linge, prépare les goûters… mais au moins le papa épluche les légumes alors on ne va pas pinailler.

Malgré les défauts que j’ai pointés, ce livre reste ce que j’ai trouvé de mieux sur son sujet : la préservation de la planète au quotidien, pour les enfants de 3 à 7 ans.

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Cherche et trouve dans la nature

Ce livre de Thierry Laval est imprimé en Chine et paru en 2011 aux éditions Seuil (lien vers la fiche du livre). Je pense qu’il est adapté de 4 à 8 ans. Il est composé de 5 double-pages, montrant chacune une scène : à la montagne, dans la forêt, dans les champs, au bord de l’étang, sur le littoral.

Sur chaque double page, on voit d’abord un imagier. Puis on ouvre sur une grande scène peuplée de nombreux personnages occupés à différentes activités, dans laquelle on peut chercher les éléments de l’imagier.

Ce n’est écrit nulle part, mais le Béluga s’est aperçu tout seul qu’il y a un fil rouge : sur chaque scène se trouvent en plus un bateau en papier et un ballon de football.

Ce livre a vraiment plu au Béluga et je l’ai emporté à plusieurs reprises entre 4 et 6 ans pour l’occuper dans une salle d’attente. A noter, ce qui figure dans les 5 scènes permet d’aborder de nombreux sujets écologiques, mais jusqu’à présent nous n’avons pas discuté du contenu de ce livre, nous l’avons seulement utilisé pour sa dimension de jeu. Je pense qu’à partir de 6 ans par contre, les items se trouvent assez vite donc l’intérêt de ce livre est plus d’ouvrir des discussions.

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Pour finir, je voulais vous dire un mot sur Où est l’éléphant ?, un album de Barroux qui est bâti sur le même principe que Où est l’étoile de mer ?. Dans cet album « cherche et trouve », on suit un éléphant, un perroquet et un serpent dans la forêt dense qui est peu à peu coupée et remplacée par des habitations. Jusqu’à ce que les 3 animaux se retrouvent parqués dans un zoo avec le dernier arbre de la forêt. Je vous mets ici la dernière page de cette histoire sans paroles :

Je n’ai pas lu cet album à mes enfants  car il n’apportait rien de plus que ceux qu’ils connaissent déjà, que ce soit sur le thème de la préservation de la planète, ou sur le principe de l’histoire qui apparaît au fil du « cherche et trouve ». Mais il vous intéressera peut-être ? Pour compléter mon avis, voici celui du site Ricochet.

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Et vous, quels sont les livres pour enfants que vous aimez au sujet de la préservation de la planète ? J’aimerais jeter un œil sur On commence demain, mais cet album récent n’est pour le moment dans aucune bibliothèque autour de moi (et j’ai déjà assez de livres sur ce sujet pour ne pas pouvoir me permettre d’en acheter un nouveau à l’aveugle, même d’occasion, donc il faudrait que je fasse un voyage en librairie dans l’espoir qu’il y soit en stock pour le feuilleter, et je n’ai pas le temps en ce moment).

Bon week-end !

Livres d’enfant pour rire

23 Mar

Bonjour !

J’ai décidé de partager avec vous mes livres pour enfants préférés, classés par thème. Il s’agit de livres pour jeunes enfants, entre 1 et 6 ans. La liste de ces articles se trouve ici.

Comme tout le monde je pense, ici on aime rire. Mais tout le monde n’a pas le même humour. La série pour enfants Chien pourri, par exemple, ne me fait pas rire du tout : je trouve personnellement ces histoires plus tristes que drôles. Un autre livre d’humour jeunesse assez connu mais qui ne plait pas à tout le monde est De la taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête.

Voici donc les livres pour enfant qui me font rire, qui plaisent à mes enfants et qui vous intéresseront peut être. Si vous en connaissez d’autres, je veux bien vos recommandations !

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Il ne faut pas toucher un dinosaure !

Ce livre de Stuart Lynch est imprimé en Chine et paru en 2017 chez 1, 2, 3 Soleil ! (lien vers la fiche du livre). Il est adapté pour les enfants de 6 mois à 3 ans.

Sur la couverture et à chaque page de ce livre cartonné se trouve une silhouette de dinosaure avec un relief en silicone. Le cadre est placé : le titre nous l’interdit et pourtant on a très envie de toucher…

Au départ, j’ai été déroutée par la police utilisée pour le texte : chaque ligne est dans une écriture différente. Mais bien vite, on l’a connu par cœur à force de le lire !

A chaque page, on nous explique pourquoi il ne faut pas toucher un dinosaure, en finissant par ce qui va arriver si on le fait (ce qui arrive forcément, vous l’avez compris). Au menu, chatouilles et compagnies. Et pour ceux qui comme moi craignent toujours d’embêter leur tout petit en les chatouillant ou en jouant à la bataille, ici pas de doute : c’est l’enfant qui demande en choisissant ce livre !

Cet ouvrage est un gros coup de cœur pour moi, et je compte le garder dans une étagère « littérature jeunesse » même quand mes enfants seront grands.

On trouve deux livres dans la même série qui « menacent » de gestes rigolos ou de bisous : Il ne faut pas toucher une araignée ! et Il ne faut pas toucher un requin !. Je trouve ce type d’humour bien adapté pour les tout petits.

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Pourquôôââ

Ce livre de Voutch est imprimé en Italie et paru en 2006 aux Éditions Thierry Magnier (lien vers la fiche du livre, avec des extraits). On l’a en petit format cartonné, car c’est ce qui était disponible d’occasion à bas prix quand j’ai voulu l’acheter.

Dans cet album, une petite grenouille répond « pourquôôââ » à chaque phrase que lui dit une grande grenouille. Il est donc adapté dès 1 an, grâce à la répétition de cette réponse qu’on peut dire en ouvrant grand la bouche.

Ceci dit, ce petit ouvrage est aussi intéressant à (re)lire vers 4 ans, pour dédramatiser la lassitude des parents quand arrive l’âge des « pourquoi ? » incessants. Au passage, ces questions fatiguent les parents mais sont très bon signe pour le développement de l’enfant, et il faut essayer d’y répondre… ou au moins de proposer à l’enfant de chercher une réponse : « d’après toi, pourquoi … ? ».

Pour compléter mon avis, voici celui du site Ricochet. Et pour rigoler de la phase des « pourquoi » chez l’enfant, il y a aussi la chanson « Les questions » d’Aldebert (ici avec un clip réalisé par des enfants).

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C’est moi le plus fort

Ce livre de Mario Ramos est imprimé en France et paru en 2001 chez l’École des loisirs (lien vers la fiche du livre). Il est adapté de 3 à 6 ans.

On voit ici un loup typique des contes pour enfants, qui se promène dans la forêt et parle avec mépris et agressivité aux autres personnages (le chaperon rouge, les 3 petits cochons…). Il leur demande qui est le plus fort et évidemment, terrifiés, ils répondent que c’est lui.

Puis le loup croise un dernier animal, qu’il insulte et à qui il demande qui est le plus fort. Je ne vous raconte pas la chute…

Sur le même principe, on peut lire la suite : C’est moi le plus beau. Il est très chouette aussi – avec en plus un bel exemple de personnage qui ne se laisse pas harceler par le loup.

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Cornebidouille

Ce livre de Pierre Bertrand est imprimé en Italie et paru en 2003 chez L’Ecole des loisirs (lien vers la fiche du livre). Il est adapté de 3 à 6 ans.

Pierre ne veut pas manger sa soupe et c’est déjà assez rigolo de lire ses refus grognons quand toute sa famille essaye de le convaincre d’en manger. Mais l’histoire prend une autre tournure quand la sorcière Cornebidouille apparaît pour obliger Pierre à manger sa soupe… Pierre ne se démonte pas et l’humour vient des insultes créatives dont s’affublent les deux adversaires.

Il existe 3 autres albums pour continuer à suivre les péripéties entre Pierre et Cornebidouille.

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Bientôt l’hiver

Ce livre de Voutch est imprimé en Italie et paru en 2016 chez Le Genévrier (lien vers la fiche du livre). Il est recommandé à partir de 6 ans mais le Béluga l’a reçu à 4 ans et demi et l’a apprécié… et moi je l’ai adoré !

Dans ce livre, un écureuil fait sa réserve de noisettes pour l’hiver, et doute d’en avoir assez. Il demande donc au hibou qui lui dit que l’hiver sera long. Il ramasse donc plus de noisettes et retourne voir le hibou, qui lui répond sur l’hiver sera très long.

Il ramasse donc encore plus de noisettes, et quand le hibou lui dit que l’hiver sera incroyablement long, l’écureuil lui demande finalement d’où il a cette information… Devinez-vous la chute ?

Pour compléter mon avis, voici celui du site Ricochet. Et l’avis du blog Maman fouine, qui montre aussi d’autres pages du livre.

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Voici pour mes 5 livres favoris sur ce thème. L’honnêteté m’impose de compléter cette liste par 2 ouvrages que mes enfants adorent, ainsi qu’un livre que l’on n’utilise pas souvent au format papier mais dont l’histoire est incontournable.

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J’ai peur de l’eau !

Ce livre de Pierrick Bisinski est imprimé en Malaisie et paru en 2001 chez l’École des loisirs (lien vers la fiche du livre). Il est adapté pour les enfants de 6 mois à 2 ans car son texte est vraiment court et simple.

Je n’aime pas particulièrement l’esthétique de cet album. ni son histoire de petite souris qui grimpe sur le dos d’une grenouille car elle a peur de l’eau, et hop, hop, plouf ! Sauf que le Pinto a ri pendant des mois quand je lisais ce « plouf ! » de la grenouille et de la petite souris, puis celui de la maman qui plonge pour récupérer son enfant… Alors il fallait que j’inclue ce livre dans ma liste, même si moi je ne l’apprécie pas spécialement.

Pour l’histoire, tout finit bien puisque la petite souris n’a plus peur de l’eau et les 3 personnages jouent au ballon en se baignant avant que les deux souris ne repartent.

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Tonnerre de prouts

Ce livre d’Antoine Guilloppé est imprimé en France et paru en 2015 chez Gautier Languereau (lien vers la fiche du livre). Il est conseillé de 3 à 6 ans.

Cet album à l’humour potache fait plus rire le Béluga que moi, mais il l’aime tellement que, comme « J’ai peur de l’eau ! » je me dois de l’inclure dans cette liste. On suit la visite d’un enfant et de ses parents au zoo, où les animaux font des pets qui décoiffent : tous plus bruyants et nauséabonds les uns que les autres.

Ce qui me frustre dans ce livre, c’est que comme trop souvent dans la littérature enfantine, tous les personnages humains ont la peau blanche. Mais dans que regardent tous ces illustrateurs pour ne jamais croiser une seule personne d’une autre origine ethnique ?!… Même Mc Donald’s fait bien mieux ! (et on peut acheter ses livres sans commander de Happy Meal)

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La grenouille à grande bouche

Ce livre de Francine Vidal est imprimé en France et paru en 2001 chez Didier Jeunesse (lien vers la fiche du livre). Il existe en différents formats, cartonné ou non. Je dirais que cette histoire est adaptée de 2 à 6 ans.

C’est une histoire classique, vous la connaissez sans doute ? Sinon, en voici un exemple. Bien entendu, toute la saveur vient quand on mime la grenouille en train de parler, avec la bouche très grande ouverte ou, lors de la chute de l’histoire, juste ouverte d’un trou minuscule.

Personnellement, je n’aime pas spécialement les illustrations de ce livre car je les trouve difficiles à comprendre. Mais de toutes façons, dans cette histoire on ne regarde pas tant les images que les mimiques que fait le lecteur en lisant le texte. Pour moi, ce livre donc surtout utile comme pense-bête : à la fois pour l’enfant, qui peut le saisir pour demande cette histoire, et pour le parent s’il préfère lire le texte plutôt que de se rappeler de cette histoire.

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Pour terminer cet article, je voulais préciser qu’on aime bien Le roi de la grande savane, de Voutch. Mais il y a quand même quelques albums jeunesse de Voutch que je n’aime pas vraiment. Les voici :

  • La plus grande course du monde ne nous a pas vraiment fait rire. Et tous les (très nombreux) personnages ont tous la même corpulence, la même couleur de peau (devinez laquelle) et sont tous valides. Je trouve cela très regrettable, vous l’avez compris. Du point de vue du livre, cela aurait ajouté des détails intéressants (en particulier en cas de participants handicapés), mais aussi car cela exclut toutes les personnes handicapées, non blanches et non minces, qui ne se voient pas représentées, 2) cela incite à penser, par défaut, qu’une société diverse n’est pas normale. Bref, cela dessert tout le monde.
  • La planète bizarre m’agace pour deux raisons. D’une part, sur la page des vaches, on a toujours le même poncif qui montre uniquement des animaux aux pis pleins de lait, mais omet complètement les mâles nécessaires à la fécondation ainsi que les veaux dont la naissance permet la production de lait ! D’autre part, je suis très déçue que les 5 visages humains présents dans ce livre soient des personnes minces à la peau blanche, alors même que 4 d’entre eux sont censés incarner la diversité des mamans !

  • La petite grenouille qui avait mal aux oreilles, quant à lui, est un album que je trouve très drôle ! Une grenouille consulte un médecin, puis un autre, puis encore un autre car chaque médecin la renvoie, sans l’examiner, vers un médecin plus spécialisé que lui… Jusqu’à ce que la grenouille rencontre son Papy Robert… En fait, je suis très partagée car en même temps cet album me désespère et me met en colère. Tous les personnages ont la peau bien blanche sauf deux : le premier médecin qui est un peu bronzé et… un personnage à la peau noire et aux énormes lèvres rouge vif, comme dans la bande dessinée « Tintin au Congo » publiée en 1931 ! Heureusement, le personnage noir de Voutch parle un français normal et n’est pas plus stupide que les autres personnages, donc d’accord c’est peut-être une caricature humouristique comme les personnages blancs dessinés avec un très grand nez. Ce qui est incompréhensible, c’est que ce personnage ne fait pas partie des nombreux docteurs (qui au passage ne sont que des hommes, le seul personnage féminin étant une secrétaire). En effet, il a le rôle d’un conducteur d’ambulance, c’est à dire la seule profession non intellectuelle du livre.

Je ne vois pas en quoi le fait d’avoir un personnage noir dans ce rôle ajoute de l’intérêt à l’histoire. Par contre je vois bien comment je me sentirais si j’étais un enfant ou un adulte noir qui lit ce livre ! Mais visiblement depuis 2007 (date de sa publication) ça n’a posé problème ni à Voutch, ni à sa maison d’édition, ni à l’Éducation Nationale (qui a apparemment mis cet ouvrage sur sa liste pour le cycle 2). Sérieusement, les bras m’en tombent. Alors que par ailleurs ce livre est si chouette !! Alors s’il vous plait, lisez ce livre à vos enfants pour rigoler ; puis relisez-le pour les éveiller au sexisme et au racisme ordinaires.

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Bien sûr, comme pour toute chose c’est quand il n’y a qu’un message unique que cela pose problème. J’ai des ouvrages jeunesse ne montrant que des personnages minces à la peau blanche (c’est malheureusement incontournable, vous continuerez à le voir dans mes prochains articles) mais je veille par ailleurs à sensibiliser mes enfants à la diversité physique des habitants de la France (couleur de peau, taille, corpulence…).

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Voilà, c’était un article particulièrement long, mais c’est important de rigoler ! Et chez vous, quels livres pour enfant font rire ?

Bon week-end !

Livres pour enfant sur les déchets

16 Mar

Bonjour !

J’ai décidé de partager avec vous mes livres pour enfants préférés, classés par thème. Il s’agit de livres pour jeunes enfants, entre 1 et 6 ans. La liste de ces articles se trouve ici.

Aujourd’hui, on parle des déchets. Pourquoi faut-il s’y intéresser ? Et que deviennent-ils une fois hors de notre vue ? Voici mes 2 livres préférés pour répondre à ces questions qui concernent tout le monde.

Un troisième ouvrage aurait pu figurer dans cette liste, Gare au gaspi !, mais je l’ai gardé pour un article ultérieur car il traite plus globalement de préservation de la planète.

 

Où est l’étoile de mer ?

Ce livre écrit par Barroux est imprimé en Malaisie et publié en 2016 chez Kaléidoscope diffusé par L’école des Loisirs (lien vers la fiche du livre). L’éditeur le propose pour les enfants de 3 à 6 ans, mais je l’ai montré au Pinto de 2 ans et il lui a beaucoup plu. Donc je dirais qu’il est adapté de 2 à 6 ans.

Ce grand album est un « cherche et trouve ». Il n’a pas de texte, à part pour nommer les 3 dessins à retrouver sur chaque page : une étoile de mer, une méduse et un poisson clown. Pour le Pinto, 2 ans, on ne cherche que l’étoile de mer et je l’aide si besoin. Pour le Béluga, à 6 ans, trouver ces items est assez facile.

Ce qui est intéressant dans cet album, c’est que les dessins racontent en fait une histoire. Sous l’eau, une baleine et de nombreux poissons multicolores peuplent les eaux, quand petit à petit s’accumulent les déchets. Finalement, la baleine pousse tous ces déchets sur la plage où ils bousculent les immeubles, et les animaux marins sont à nouveau tranquilles.

Comme il n’y a pas de texte, on a le choix de raconter ou pas cette histoire, c’est très pratique. Personnellement, je dis à chaque page « encore des déchets ! » ou « encore plus ?! » et on nomme ceux qu’on reconnaît (une bouteille, un tuyau, un four, un frigo…).

Le message de cet album est simple : les déchets se retrouvent forcément quelque part, donc il faut les jeter dans une vraie poubelle si on ne veut pas que ça encombre la mer.

Ce livre est un gros coup de cœur pour moi, car l’air de rien il permet à la fois de s’amuser et de poser les fondations pour de futures discussions sur le thème des déchets ou simplement pour expliquer à son enfant pourquoi on a un mode de vie qui privilegie le « zéro déchet ».

Pour compléter mon avis, voici celui du site Ricochet. Et si votre enfant vous semble trop grand pour cet album, le même message de sensibilisation à l’accumulation des déchets est transmis par le dessin animé Wall-E (mais le site Filmspourenfants.net ne recommande pas ce film avant 9 ans).

 

Voyage au pays du recyclage

Ce livre écrit par Elisabeth de Lambilly est imprimé en Chine et publié en 2012 aux éditions De La Martinière Jeunesse (lien vers la fiche du livre). Il fait partie de la collection Encyclo des petits curieux qui traite de sujets variés.

Ce livre est composé de deux moitiés. Quand on ouvre la couverture, on voit à gauche un grand dépliant. Une face du dépliant est une très grande image pleine de détails (et sans mots). Elle montre tout ce qui se passe entre le moment où on met un déchet dans un bac de tri, et celui où un nouvel objet, contenant de la matière recyclée, est proposé en magasin.

L’autre face du dépliant est un résumé des informations du livre, en quelques phrases et en images.

Pour moi, ce dépliant permet de traiter le sujet avec un enfant à partir de 3 ans.

L’autre moitié de l’ouvrage est composé de pages classiques, et à mon avis cette partie est adaptée à partir de 5 ans. On y voit Louis et Louise, des jumeaux, se cacher dans une poubelle pour pénétrer dans un centre de tri, se retrouver au milieu d’une balle de déchets plastiques compressés, etc.

Comme dans tous les ouvrages de la collection Encyclo des petits curieux, on suit Louis et Louise dans histoire qui est à mi chemin entre une histoire fantaisiste classique de la littérature jeunesse et un documentaire. C’est vraiment ludique à lire avec un enfant, et au passage l’histoire évite les stéréotypes de genre.

Je regrette que cet ouvrage évoque pas le compostage, ni le traitement des eaux usées. Par contre j’apprécie la page proposant des astuces pour diminuer ses déchets car « malgré le tri et le recyclage, il y a encore bien trop de déchets dans les poubelles ! ».

Enfin, cet ouvrage a un gros point faible pour moi, qui est malheureusement très répandu dans la littérature jeunesse française (quand les illustrateurs ne bottent pas en touche en dessinant des personnages non humains). TOUS les très nombreux personnages de ce livre ont la peau blanche, sont minces et valides ! Ah pardon, il y a un figurant non blanc, sur une seule page et dessiné tout petit… Il n’y a que moi qui trouve cela déplorable ? C’est vraiment sidérant, cette incapacité de la plupart des illustrateurs français à montrer la société française telle qu’elle est ! Pourtant c’est possible, d’ailleurs le fast food Mc Donald’s le fait très bien dans les chouettes livres qu’il propose aux enfants (et qu’on peut acheter même sans commander de nourriture).

 

Pour finir cet article, je vous parle d’un livre qui m’a intéressée au premier abord mais que finalement je n’aime pas trop : Les déchets et le recyclage de Stéphanie Thurnbull aux éditions Usborne. Ce petit livre est un documentaire très illustré dans lequel on découvre la quantité des déchets produits, le ramassage, le transport, l’enfouissement, l’incinération, les déchets toxiques, les égouts. Puis on passe au recyclage : les métaux, le verre, le papier, le plastique et le compostage. Chaque sujet est traité en une double page avec environ 6 phrases, des dessins et des photos. Je pense qu’il est adapté dès 5 ans. De loin, il a l’air bien, d’autant que les personnages dessinés n’ont pas tous la peau blanche !

Voici ce que je n’apprécie pas du tout dans ce livre : il ne montre quasiment que des hommes (valides « bien sûr »), son graphisme est dans une tonalité très masculine de bleu, vert et d’orange et à chaque page l’accent est mis sur les véhicules. Bref, il semble conçu tout particulièrement pour les garçons, comme si les filles ne pouvaient pas s’intéresser à la question des déchets…

Sur le thème des déchets, je n’ai donc trouvé aucun livre pour les 4-6 ans qui ne soit à la fois juste envers les filles et envers les minorités visibles. Éditeurs jeunesse français, rèveillez-vous !

En tout cas, le site des éditions Usborne a la bonne idée de proposer une liste de liens sur le recyclage des déchets, ce qui peut être intéressant pour proposer une activité de sensibilisation aux déchets qui ne soit pas la lecture d’un album. On y trouve notamment de petits jeux à imprimer (rébus, devinettes, 7 différences..) et de petits jeux à faire en ligne.

 

Et vous, connaissez-vous des livres pour enfants sur les déchets ?

Malgré mes recherches, je n’en ai pas trouvé en version papier pour expliquer le compostage (à part une double page dans le livre « spécial garçon » Les déchets et le recyclage). Caillou : la magie du compost, me semble impeccable, d’autant que j’apprécie les dessins animés de Caillou malgré leur aspect un peu daté, mais il est disponible seulement en ebook.

Pour les anglophones, « Where in the world is away ? » de Michael Franti me semble interessant (j’adore son titre plein de bon sens !) mais je n’ai pas dû l’occasion de le feuilleter.

Bon week-end !

Livres pour enfant sur les chiffres

9 Mar

Bonjour !

J’ai décidé de partager avec vous mes livres pour enfants préférés sur des sujets, classés par thème. Il s’agit de livres pour jeunes enfants, entre 1 et 6 ans. La liste de ces articles se trouve ici.

Voici mes deux albums préférés sur les nombres de 1 à 10. Je les trouve bien faits et ils ont l’avantage assez rare de mettre en valeur la faune sauvage française : escargots, fourmis, coccinelles, grenouille, chenille… ça change des animaux domestiques ou exotiques !

 

La tournée de M. Escargot

Ce livre de Stuart Lynch est imprimé en Chine et paru en 2018 chez 1 2 3 Soleil (lien vers la fiche du livre). Je pense qu’il est adapté de 1 à 4 ans.

On suit M. Escargot qui apporte du courrier aux habitants de chaque numéro. Pour cela, une phrase explique le chemin à parcourir, qui se trouve être la forme du chiffre. Puis on soulève le volet et on découvre les habitants de cette maison et une petite phrase de M. Escargot.

J’adore l’ambiance joyeuse et claire de ce livre, et je le trouve particulièrement bien conçu pour amuser l’enfant avec sa petite histoire, ses volets à soulever et ses « chemins » à parcourir du doigt. Et bien sûr il initie aux chiffres, à la manière de les tracer et au dénombrement. Un gros coup de cœur !

 

Dix petites coccinelles

Ce livre d’Élisabeth de Galbert et Laura Huliska-Beith est imprimé en Chine et paru en 2001 aux Editions Quatre fleuves (lien vers la fiche du livre).

Je pense qu’il est adapté de 1 à 6 ans, car les tout-petits vont simplement toucher les 10 coccinelles en relief, tandis que les plus grands peuvent comprendre l’histoire et en profiter pour s’entrainer à compter et peut-être à soustraire.

J’avais acheté ce livre dans la librairie d’occasion qui se trouvait à côté de chez nous quand nous habitions Paris. J’ai mis du temps à m’habituer à son esthétique très colorée et sans bords mais le Béluga comme le Pinto l’ont adopté tout de suite et pour longtemps.

On commence avec 10 coccinelles en relief à toucher à travers la couverture. Sur chaque double page se trouve un chiffre et, astucieusement, le nombre de coccinelles correspondants et le même nombre de trous (à travers lesquels l’enfant peut mettre son doigt).

Les chiffres sont dans l’ordre décroissant, car à chaque page apparaît un animal avec lequel disparaît une coccinelle. L’adulte, ou l’enfant s’il n’est pas trop petit, peut se demander si les coccinelles se font manger.. mais à la dernière page on les découvre toutes rassemblées avec leurs nouveaux amis, et c’est l’occasion de compter encore une fois toutes les coccinelles.

 

Dix petites étoiles

Aux éditions Quatre fleuves, on trouve de nombreux albums bâtis sur le même principe que Dix petites coccinelles. Je n’ai pas eu l’occasion de le feuilleter mais, pour un enfant plus grand qui apprécie une histoire plus longue, Dix petites étoiles, illustré par Kate Stone est peut-être intéressant.

Attention : il existe un autre album sur le même principe (étoiles à toucher et nombres de 10 à 1), sous le même titre, mais publié aux éditions Gründ : Dix petites étoiles, illustré par Julian Russel. Il est épuisé mais encore trouvable d’occasion et il me semble bien adapté pour les tout petits car son texte est court et simple, avec parfois des onomatopées.

 

Bon week-end !