Livres pour enfant sur la mort

18 Juin

Bonjour !

J’ai décidé de partager avec vous mes livres pour enfants préférés sur des sujets, classés par thème. La liste de ces articles se trouve ici.

Aujourd’hui, voici des albums qui abordent le sujet de la mort. Je n’ai pas attendu qu’un décès survienne pour montrer ces livres à mes enfants. Je préfère proposer ces livres parmi d’autres, comme des graines plantées qui germeront quand ce sera le moment.

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Les questions des tout-petits sur la mort

Ce livre de Marie Aubinais est imprimé en Chine et publié en 2010 aux éditions Bayard (lien vers la fiche du livre). Il est recommandé de 3 à 6 ans.

Ce petit album fait partie d’une collection dont j’apprécie beaucoup la plupart des ouvrages (je vous ai parlé ici de celui sur les religions). Ils sont parfaits quand l’enfant s’interroge sur un sujet précis, car ils abordent chacun 6 questions, importantes mais parfois délicates à traiter. Les questions de cet ouvrage sont notamment « Pourquoi on vit si on meurt après ? », « Où on va quand on est mort ? » et « Pourquoi on n’aime pas parler de la mort ? ».

Pour chaque question, il y a un astucieux système de bande-dessinée, qui introduit et conclut chaque question, et de conte classique, qui peut être lu de manière indépendante. Et les bande-dessinées proposent des perches, qui peuvent être saisies ou pas.

Les contes font appel à des cultures variées et ont des illustrations montrant des humains, tandis que les bande-dessinées sont dans un contexte européen classique et ont comme personnages des oiseaux anthropomorphes.

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Au revoir blaireau

Ce livre de Susan Varley (texte et illustrations) est imprimé en Italie et publié en 2005 aux éditions Gallimard (lien vers la fiche du livre), est une reédition d’un album qui date de 1984. Il me semble adapté de 4 à 7 ans.

Ce album est à l’ancienne, que ce soit pour sa mise en page, ses illustrations et son histoire. Blaireau est très âgé, il ne craint pas la mort mais s’inquiète de la peine qu’éprouveront ses amis.Il les a préparé en disant que bientôt il descendra dans le Grand Tunnel.

On voit ensuite Blaireau faire un rêve étrange où il bascule dans un tunnel, et cela sonne pour lui comme une liberté. Le lendemain, les amis de Blaireau le trouvent mort.

Dans les pages suivantes, qui représentent les 2/3 de l’album, on suit les amis de Blaireau. Comme il leur manque, ils se remémorent les bons moments passés avec lui et les choses qu’il leur a appris à faire.

Le livre se termine sur une page qui ouvre sur deux idées. D’une part, « la neige fondit et la tristesse des animaux aussi. Chaque fois que l’on prononçait le nom de Blaireau, quelqu’un se rappelait une autre histoire qui redonnait le sourire à tous. ». (Bien entendu, il y a des deuils que l’on n’arrive jamais à digérer complètement, donc on peut ensuite nuancer cette phrase.) La toute dernière idée est Taupe qui parle à Blaireau comme s’il était dans le ciel : « Merci Blaireau, dit-il doucement. Il pensait que Blaireau l’entendrait. Et… sans doute… Blaireau l’entendit. »

J’ai acheté ce livre car mes enfants ont la chance d’avoir encore leurs grands-parents et certains de leurs arrière-grands parents, et il me semblait important qu’ils se familiarisent avec l’idée qu’ils mourraient un jour.

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La mort c’est quoi ?

Ce livre d’Anne Lalanne est illustré par Thierry Manes. Il est imprimé en France et publié en 2020 chez Hachette (lien vers la fiche du livre). Il me semble adapté de 4 à 8 ans.

Cet album essaye de tenir un équilibre délicat entre laisser s’exprimer l’enfant qui lit et guider sa réflexion. Ainsi, il commence avec différents enfants évoquant des morts, et un adulte qui propose de commencer par trouver ce qu’est la vie.

Au fil des pages, des exemples sont proposés, pour différencier ce qui est vivant ou non, mort ou non. J’aime que soient abordées aussi la mort d’animaux que l’on aime.

L’enfant se voit régulièrement proposé de donner son avis et le livre se termine dans une ambiance douce et positive.

Les couvertures intérieures montrent une variété d’enfants personnages avec leur prénom. On les retrouve probablement dans les autres livres de cette collection : Aimer c’est quoi ?, Tous pareils ou différents ?, C’est injuste !. Je n’ai pas lu ces autres ouvrages.

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Ma sœur étoile

Ce livre d’Alain Mabanekou est illustré par Judith Gueyfier est imprimé en France. Il est publié en 2017 aux éditions Seuil jeunesse (lien vers la fiche du livre).

Cet album est grand format : sa largeur est de 29 cm et sa hauteur de 36 cm.

L’histoire est racontée par un garçon de 10 ans qui vit avec ses parents dans une cabane en planches avec des trous dans le toit. Il aime regarder le ciel la nuit car il considère qu’une des étoiles est sa sœur, décédée deux ans avant sa propre naissance. Une nuit, il lui avoue qu’il aimerait que quelqu’un vienne lui dessiner un animal, comme dans Le petit prince, et sa Soeur-Étoile lui dessine un mouton dans le ciel.

L’enfant explique que sa sœur est morte une semaine après être parce que les mauvais esprits du village étaient jaloux de sa beauté, et que ces esprits sorciers ont fait que sa mère n’a pas pu avoir d’enfant après lui.

A la fin de l’histoire, Nestor, un enfant de son école, ne croit pas que la Soeur-Étoile puisse exister, puis il avoue que lui aussi aimerait voir une étoile pour son propre frère décédé et les deux enfants se lient d’amitié.

Je trouve intéressant le sujet de ce livre : le deuil d’un enfant vis à vis d’un bébé mort qu’il n’a pas connu, mais j’ai eu du mal à adhérer à l’histoire.

J’ai acheté ce livre auprès de la super librairie indépendante, féministe et inclusive LEBO (Les Enfants du Bruit et de l’Odeur), mais on peut le trouver dans tout type de librairie. Et je vous propose un peu plus bas un autre ouvrage qu’ils ont en vente et que j’ai adoré.

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L’arbre sans fin

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Ce livre de Claude Ponti est imprimé en France et publié en 1992 aux éditions L’École des Loisirs (lien vers la fiche du livre). Il est recommandé de 6 à 8 ans.

Hipollène habite avec sa famille dans l’arbre sans fin. Un jour, sa grand-mère maternelle meurt.

Sa grand-mère est alors mise dans un berceau de voyage et s’envole dans le ciel. Hipollène est triste, et sa tristesse est le point de départ d’un grand voyage dans l’arbre sans fin.

Hipollène rencontre un monstre, écoute la brume de l’arbre avec la voie des grands-mères, passe à travers des miroirs…

Et à la fin elle retourne dans la maison de ses parents. Elle a gagné un nom et une coiffure de grande fille.

J’admire le talent qu’a Claude Ponti pour inventer des mondes extraordinaires, mais aussi de s’en servir pour apporter à l’enfant des idées pour avancer dans la vie, sans jamais formuler de conseil d’adulte à enfant, en proposant des illustrations très riches et en parsemant le tout d’humour.

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Mon papi peuplier

Ce livre d’Adèle Tariel est imprimé en République tchèque et publié en 2015 aux éditions Talents hauts (lien vers la fiche du livre).

Les pages de cet album sont remplies par les lumineuses aquarelles de Jérôme Peyrat. Apparemment elles correspondent à un endroit précis, dans la commune du Mesnil-en-Vallée.

L’histoire est racontée par une petite fille, qui décrit l’amour et le soin de son grand-père pour les peupliers qu’il a plantés au bord du fleuve, et tous les souvenirs où elle et son grand-père passaient du temps dans la peupleraie.

La petite fille raconte aussi le temps qui passe, son papi qui vieillit, puis le jour où on lui a annoncé « il est parti », qu’elle n’a pas osé demandé quand il reviendrait, qu’elle l’a cherché partout puis qu’elle a compris qu’il ne reviendrait pas.

La petite fille imagine ensuite que son papi lui parle à travers les peupliers. L’album se termine sur l’image de la petite fille devenue adulte, assiste auprès des peupliers avec sa propre petite fille, disant vers le ciel « Aujourd’hui Papi j’ai grandi et je suis encore là, près de toi. »

Cet album émouvant est destiné aux enfants, mais je ne l’ai pas montré à mes enfants. Je l’ai savouré pour moi-même, pour mon papi pour lequel on m’a annoncé sa mort de manière aussi équivoque et à l’enterrement duquel je n’ai pas été autorisée à assister.

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La demeure du ciel

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Ce livre de Laura Nsafou est illustré par Olga Guillaud. Il est imprimé en Lettonie et publié en 2021 aux éditions Cambourakis (lien vers la fiche du livre).

Je vous le dis directement : je trouve que ce magnifique livre a sa place dans absolument toutes les maisons !

La grand-mère de Sofia est décédée et Sofia ne comprend pas bien ce que signifie « elle est au ciel ». En plus, demain est le jour de son anniversaire, et sa grand-mère organisait toujours un goûter : il ne va quand même pas être annulé ? Au milieu de ses questions, Sofia s’endort et se réveille sur un nuage. Sa grand-mère l’accueille et la fait entrer dans sa maison, où elle retrouve aussi son grand-mère, décédé depuis longtemps. Quelle joie !

Sofia passe un bon moment avec des grands-parents. Sa grand-mère lui fait essayer une de ses tenues et ils préparent ensemble un délicieux goûter. Sa grand-mère est bien d’accord avec Sofia : pas question d’annuler sa fête d’anniversaire !

Quand Sofia se réveille, elle raconte son rêve à ses parents et les convainc d’inviter la famille pour faire le traditionnel goûter d’anniversaire. Et c’est Sofia qui prépare le gâteau et la boisson comme sa grand-mère le lui a appris.

La famille est un peu surprise mais tout le monde passe un moment chaleureux. C’est un peu comme si la grand-mère était présente.

A la fin du livre, on a les deux recettes, ce qui peut permettre de passer en cuisine pour changer de sujet si on ne souhaite pas discuter sur le reste du livre.

Ce livre est un gros coup de cœur pour moi ! La situation est précise (tous les personnages sont noirs et les morts sont des grands-parents) mais le message est universel. De plus, les illustrations sont magnifiques et j’aime beaucoup son très bel équilibre entre pragmatisme et enchantement.

C’est suite à sa lecture que j’ai eu le courage de proposer à ma mère, le jour de l’enterrement de ma grand-mère maternelle, qu’on prévoie d’inviter la famille pour un repas d’anniversaire, car elle-même  aimait nous rassembler à cette occasion.

J’ai acheté ce livre auprès de la super librairie indépendante, féministe et inclusive LEBO (Les Enfants du Bruit et de l’Odeur), mais on peut le trouver dans tout type de librairie.

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La vie et la mort

Ce livre de Brigitte Labbé et Michel Puech est illustré par Jacques Azam. Il est imprimé en France et publié en 2000 (première édition) et 2020 (édition la plus récente) aux éditions Milan (lien vers la fiche du livre). Il est recommandé à partir de 8 ans.

Ce livre fait partie d’une collection et je vous avais déjà parlé ici du livre « La colère et la patience ». Dans les ouvrages de cette collection, les pages contiennent de nombreuses petites illustrations mais sont principalement occupées par du texte. Les « chapitres » sont très courts (2 pages maximum) et répondent chacun à une question ou une constatation, généralement en commençant par un exemple fictif.

Ici, le livre commence par une explication de l’origine de la vie et de l’humanité, puis questionne si la vie d’un plant de blé que celle d’une vache, celle d’un moustique vaut autant que celle d’un chien, en quoi la vie des humains est spéciale (pour les humains), où est l’âme, que se passerait-il si personne ne mourrait, ce qu’il y a après la mort… Le dernier « chapitre » est intitulé : « la mort nous fait faire des efforts ».

Dans cet ouvrage, j’apprécie que des points de vue différents puissent coexister. Et personnellement je n’apprécie pas certains « chapitres » qui considèrent que globalement les animaux non humains sont des êtres dépourvus d’émotions et de désirs pour leur vie.

Et comme les autres ouvrages de cette collection, celui-ci se termine avec 5 pages de conseils pour organiser un « goûter philo » sur les thèmes abordés dans ce livre.

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voisinsdendessousJ’ai un avis mitigé sur « Les voisins d’en dessous« , livre d’Isabelle Simon, illustré par Isabelle Charly, imprimé en Slovénie et publié en 2016 aux éditions Frimousse. Chaque double page montre un ou des squelettes souriants sous la terre et des vivants au-dessus. Ce sont à chaque fois des clins d’œil : les squelettes de La Vegas continuent à jouer, etc. Les clins d’œil sont stéréotypés et malgré cela ils ne sont pas tous faciles à comprendre, même pour un adulte (j’aurais aimé quelques phrases documentaires à la fin du livre pour éclairer les double pages que je n’ai pas comprises, mais je ne crois pas que cela gène la plupart des enfants). La dernière double page montre la tombe d’un chien. Je suppose que ce livre est utile pour un enfant triste de la mort d’un animal domestique, pour l’inciter à imaginer avec légèreté à quoi l’animal peut s’amuser sous la terre. Mais à choisir, sur le sujet d’un animal aimé qui est mort, je préfère « La mort c’est quoi ?« .

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Enfin, je vous recommande la chanson « Le grand voyage » d’Aldebert. J’aime beaucoup ses chansons pour enfants, qui s’adressent aussi aux adultes et qu’ici on ne se lasse pas d’écouter en boucle.

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Bon week-end !

Une Réponse vers “Livres pour enfant sur la mort”

  1. claire888888 28 juin 2022 à 22:12 #

    Bonjour Sandrine,
    Merci beaucoup pour cette sélection précieuse. Je remarque que la plupart des âges indiqués sont à partir de 3 ou 4 ans, je me demande s’il y a des ouvrages sur ce thème pour les plus petits, difficile de savoir comment aborder les choses à cet âge !

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