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Le lombricomposteur

17 Avr

Bonjour !

Quand on a emménagé à Marseille, Doudou et moi avions chacun un objectif personnel : lui a décidé d’embaucher quelqu’un pour faire sa part de ménage (= quasiment tout le ménage), moi je voulais acheter un lombricomposteur pour mettre dans la petite impasse à côté de chez nous. En effet, dans le square parisien à côté de chez nous il y avait un composteur collectif, mais je savais qu’à Marseille on ne pouvait pas compter sur ce type d’installation. Ceci dit, les choses bougent et maintenant notre métropole propose une liste des composts collectifs et des composteurs et lombricomposteurs individuels !

Mais revenons en 2016. Comme on n’avait pas de plantations, le but du lombricompost était de réduire le volume de nos déchets ménagers. J’ai choisi le lombricomposteur City Worms, qui est compact, fabriqué en France et peut être utilisé en intérieur comme en extérieur. On peut l’acheter avec ou sans vers. Je l’ai acheté avec vers (et avec 2 plateaux supplémentaires).

La ferme lombricole de Cabriès (qui ne semble plus exister) a produit un guide gratuit sur le lombricompostage, que je trouve très bien fait et agréable à lire. Il est sur fond blanc donc pratique à imprimer. Il permet d’approfondir la FAQ du site Vers la terre

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En intérieur ou en extérieur ?

Doudou ayant mis un véto sur le fait d’avoir un lombricompost dans notre cuisine, j’ai d’abord installé le composteur tout en bas de notre escalier. Ainsi, les vers seraient protégés des trop fortes chaleurs et du froid. Le souci, c’est qu’au début on a mis toutes nos épluchures dans le lombricomposteur, y compris celles de fruits, et sans les envelopper de papier. Ceci a causé la naissance de plein de moucherons, qui se sont ensuite envolés le long de notre escalier pour arriver dans la cuisine ! Ça a été long pour tous les faire partir… Depuis on a doublement assuré nos arrières : 1) on ne met plus d’épluchures de fruits dans le lombricomposteur, 2) on a mis le lombricomposteur dehors !

Je n’ai pas installé les roulettes fournies pour déplacer facilement le lombricomposteur. Au contraire, comme à Marseille on peut avoir un fort mistral, j’ai ajouté de grosses pierres en bas du lombricomposteur. Et comme on a aussi parfois des pluies intenses, et un soleil très chaud l’été, j’ai ajouté deux tuiles sur le dessus.

Quand je soulève les tuiles, je trouve de temps en temps une petite tarante qui profite du gîte et du couvert, car il y a parfois des moucherons qui sortent du composteurs. Pour éviter qu’il n’y ait beaucoup de moucherons, on évite de mettre des produits sucrés. On évite aussi les aliments vermifuges comme l’ail, l’oignon, l’échalote.

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L’installation

A ma grande honte je dois avouer que j’ai tué le premier lot de vers ! Je m’étais empressée de commander le tout mais, étant en fin de grossesse, j’ai jugé plus prudent de lancer le processus un peu plus tard. Et quand j’ai déballé le tout, j’ai compris que les vers avaient passé ces deux semaines dans un sachet en plastique hermétique, et qu’ils étaient sans doute morts asphyxiés… J’ai bien entendu essayé de les mettre quand même dans le lombricomposteur avec de la nourriture, mais aucun n’avait survécu. J’ai racheté un lot de vers auprès d’une ferme locale, la Ferme lombricole de Provence (découverte sur le trajet de la maternité, peut-être un clin d’œil du destin).

Je n’ai pas d’autres souvenirs du démarrage du lombricompostage (à part l’invasion de moucherons bien sûr). Il faut dire que c’était il y a 5 ans et que c’était aussi à ce moment là que le Pinto est né.

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Les différentes étapes du compostage

C’est moi qui suis responsable du lombricomposteur, et je propose régulièrement aux enfants d’aller avec moi nourrir « Mévèr ». Je soulève les différents plateaux (maximum 6) pour voir si tout va bien. Voici une visite en photos. Pour info, l’odeur est très légère et évoque les sous-bois.

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Dans le plateau du haut, je place les épluchures de légumes et des morceaux de carton (généralement des rouleaux de papier toilette) ou des bandes de papier non coloré, ou alors imprimé en encres végétales de qualité alimentaire (comme les sachets d’épicerie en papier). Le papier/carton apporte des nutriments aux vers et permet aussi d’assurer une circulation d’air entre les déchets non compostés. Il n’y a pas ou peu de vers à cet étage. Il peut y avoir quelques insectes.

Par défaut, il est recommandé ajouter sur le dessus un « matelas« , qui peut être remplacé par un vieux tissu en fibres naturelles. Personnellement, j’ai trouvé que c’était inutile, sans doute parce qu’ici il ne fait pas froid et que j’avais déjà mis des tuiles.

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Le deuxième plateau est le moins ragoutant je trouve : le compostage a bien commencé, donc on ne reconnait plus les aliments, mais il n’est pas encore terminé donc le visuel est un peu déroutant. On voit des vers, par exemple sur les parois intérieure du plateau.

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Dans le troisième ou le quatrième plateau, le compostage est terminé et on peut le recueillir le compost.

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Sous les plateaux se trouve un « bac collecteur » : une zone où s’écoule le liquide éventuel. La forme de dôme au milieu permet aux vers tombés par erreur de ne pas se noyer. Il y a aussi un robinet pour recueillir le liquide, qui est un engrais liquide concentré. Personnellement, il y a très peu de liquide qui sort et j’avais la flemme de m’en préoccuper, alors je laisse le robinet ouvert tout le temps : le peu de liquide qui sort va rejoindre les eaux de pluie dans les égouts.

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La récolte du compost

Quand le contenu du plateau du bas a une belle couleur brun foncé et une texture homogène, l’heure est à la récolte. Je prévois une demi-heure, un carton pour transporter le compost et une petite pelle (pelle de plage des enfants).

On prend le plateau « mûr » et on le place tout en haut du composteur, au-dessus du plateau contenant les épluchures fraîches. Comme les vers n’aiment pas la lumière, ils vont petit à petit aller dans le plateau situé dessous. Au bout de quelques minutes, on gratte délicatement la surface avec la petite pelle (ou tout simplement un morceau de carton épais qu’on change quand il devient mou), afin de s’assurer que le compost qu’on récolte ne contient pas de vers.

Je mets le compost en couche de maximum 5 cm dans un carton afin qu’il puisse « respirer » le temps que je donne le compost à quelqu’un.

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L’entretien

A chaque fois que j’ai récolté le compost d’un plateau, je nettoie le plateau à grande eau, avec une brosse (récupérée d’un balai brosse).

Quand le plateau des épluchures fraîches est à moitié plein, je place ce plateau propre et sec sur le dessus de la pile.

Et de temps en temps, je nettoie le « bac collecteur » de la boue qu’il contient. Comme pour la récolte du compost, il suffit d’un morceau de carton. Je place cette boue dans le plateau des épluchures fraîches.

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Voilà, c’était important pour moi de faire cet article pour dire au-revoir à « Mévèr », parce que je compte bientôt le passer à une autre famille. Car on a maintenant un jardin, et Doudou y a installé un composteur classique, plus grand et dans lequel on ne se gêne pas pour mettre épluchures de fruits, ail et oignon. Pour le moment, c’est un composteur construit avec les planches trouvées dans le jardin, mais il y a un rat qui ne cesse de s’y attaquer. On compte donc acheter un composteur plus jointif, peut-être un modèle horizontal à deux compartiments séparés par une paroi verticale perforée, pour séparer bac où on met les épluchures fraîches et bac où on récolte le compost. Si vous avez des conseils, je suis preneuse !

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Bon week-end !