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Les dinosaures qui couvent leurs oeufs

15 Avr

Bonjour !

Attention, cet article part un peu dans tous les sens… C’est en fait une suite de mon article sur l’EMDR et ma phobie des bébés qui pleurent.

Il ne vous aura pas échappé que je suis dans une période « dinosaures » (j’ai d’ailleurs mis à jour l’article avec des idées d’activités et celui avec des livres pour enfant).

Photo prise en vitesse en déballant ce cadeau destiné au Béluga

Cette marionnette Folkmanis est trop choupiii

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Bref, c’est dans un imaginaire de dinosaures que j’ai matérialisé un progrès impressionnant aujourd’hui lors de la séance d’EMDR.

Tout en ressentant, et donc en guérissant, de très anciens « souvenirs » de peur datant de quand j’étais bébé, il y a eu cette phrase qui a jailli dans ma tête : « je ne sais pas si nous sommes des dinosaures qui couvent leurs œufs ». Par opposition aux des dinosaures qui laissent leurs œufs incuber puis éclore sans leur présence.

Comme vous l’avez sans doute compris, j’ai toujours considéré être « d’une sorte de dinosaure qui ne couve pas ses œufs ». Quand je pense aux bébés humains en général, j’ai de la peine pour eux, avec cette croyance : « ils sont ultra dépendants des adultes autour d’eux, et pourtant les adultes ne les comprennent pas et ne respectent pas leurs besoins ». Et quand je vois des photos de bébés souriants, qui ont l’air de se sentir bien, je ressens une profonde incrédulité. Oui, des bébés réellement épanouis, cela me parait irréel.

Quant aux enfants, ma croyance n’est pas plus optimiste. Je me souviens avoir eu l’avis, pendant toute mon enfance et le début de mon adolescence, que j’avais de la chance d’être dans une famille où on avait assez d’argent pour satisfaire nos besoins primaires (de la nourriture, des vêtements, un logement confortable avec une place pour chacun·e…), tout en étant une famille pas trop contraignante (des parents qui ne nous tapaient pas trop et n’étaient pas clairement toxiques sur le plan affectif). Pour en revenir à l’imaginaire des dinosaures, je me considérais chanceuse parce que mes parents dinosaures qui pesaient plusieurs tonnes de plus que moi ne m’écrasaient pas complètement par mégarde.

C’est au cours de la séance d’EMDR, avec une fois de plus tellement de souffrance à exprimer, que je me suis rendue compte qu’en fait on (mes parents) étaient une sorte de dinosaures qui couve ses œufs. Et que je ne m’en était pas aperçue… Depuis toujours, j’avais gardé dans ma coquille les immenses peurs qui me traversaient, assumé seule mes pleurs, rentré ma colère. Alors qu’en fait j’aurais pu demander de l’aide ! Et que je l’aurais peut-être reçue !

En vrai, je sais bien que je ne l’aurais pas forcément reçue : j’ai plusieurs souvenirs d’émotions négatives non acceptées par mes parents. Mais j’aurais eu le droit d’insister en fait. Insister pour recevoir des preuves d’amour, insister pour être couvée, puisqu’en réalité on n’est pas une espèce de dinosaure qui laisse ses œufs se débrouiller seuls.

Je réalise aussi que finalement, insister pour recevoir des preuves d’amour, c’est exactement ce que je suis en train de faire auprès de mes parents. J’ai l’air de quoi, à demander à recevoir moi aussi une carte postale, quand ils en envoient une à mes enfants ?

Je ne sais pas de quoi j’ai l’air, mais je sais que je fais bien de le demander. Et quand je la reçois, accompagnée de petits mots super gentils, je me dis que 1) mes parents suivent peut-être mon blog ; 2) on est en train de réparer des choses profondes.

Une année entière d’EMDR sur la période de ma vie où j’étais un bébé, ça porte ses fruits non seulement pour moi-même, mais finalement aussi pour ma relation avec mes parents, enfin. Une lumière au bout du tunnel ? Peut-être bien ! Ce serait un tel soulagement.

Je vous souhaite d’aller du mieux possible.