Archive | 00:01

Livres pour préparer un enfant à l’arrivée d’un bébé

5 Oct

Bonjour !

J’ai décidé de partager avec vous mes livres pour enfants préférés sur des sujets, classés par thème. Il s’agit de livres pour jeunes enfants, entre 1 et 6 ans. La liste de ces articles se trouve ici.

Aujourd’hui, je vous propose des albums destinés à un enfant qui va bientôt avoir un petit frère ou une petite sœur.

Il y en a beaucoup sur le marché, mais je n’aime pas la plupart d’entre eux. Je trouve qu’ils ne donnent pas un aperçu réaliste de la situation et qu’ils n’outillent pas vraiment l’enfant qui va rencontrer un bébé. Et d’ailleurs, c’est aussi ce que je reproche aux réflexions des proches au futur aîné, de « tu es content ? » (comme si c’était lui qui avait demandé à ce qu’un bébé arrivé dans la famille) à « c’est super d’avoir un petit frère/une petite sœur, tu vas pouvoir jouer avec » (comme si on pouvait jouer avec un nouveau-né, et comme si les enfants uniques ne pouvaient pas inviter d’ami-es avec qui jouer). Bref, cela part d’un bon sentiment (s’adresser à l’enfant et l’aider à positiver), mais à mon avis ça dessert l’enfant…. Ou il n’y a que moi qui voit les choses ainsi ?

Voici donc les livres qui m’ont plu sur ce sujet. Je vous ai mis en premier mon coup de cœur intégral, puis j’ai classé les suivants par âge de l’enfant qui va devenir un ainé. Certains ouvrages sont utiles pendant la grossesse, d’autres une fois que le bébé est là, d’autres couvrent ces deux périodes.

.

Le bibou

Ce livre d’Isol est imprimé en France (youpi !) et paru en 2015 aux éditions Rue du Monde (lien vers la fiche du livre). Ce livre est un très gros coup de cœur pour moi.

Il est parfait pour un enfant à partir de 4 ans et convient jusqu’à l’âge adulte. Oui oui, il sera aussi apprécié par un enfant ou un ado qui va avoir un petit frère ou une petite sœur, que par de futurs parents ! (Je l’ai déjà offert plusieurs fois en cadeau de grossesse.)

Dans cet album à la fois tendre, réaliste et humouristique, on a une description du bébé comme si c’était un objet inconnu.

C’est un super livre pour rigoler, et mine de rien apprendre des choses importantes sur les bébés. Y compris certaines dont on ne nous parle jamais avant qu’on devienne parents, qui peuvent d’ailleurs être difficiles à accepter, et qui sont ici abordées brièvement, avec humour et délicatesse.

Pour compléter mon avis, voici celui de Chut Maman lit !, que je remercie pour cette superbe découverte.

J’espère qu’énormément de personnes achèteront ce livre et/ou en demanderont l’achat à leur bibliothèque, afin qu’il devienne un classique !

.

Et après il y aura

Ce livre de Jeanne Ashbé est imprimé en Malaisie et publié en 2000 aux éditions Pastel (lien vers la fiche du livre).

Si j’avais eu des enfants d’âge rapprochés (environ 2 ans d’écart entre les naissance), c’est clairement ce livre-là que j’aurais choisi pour mon ainé. Je l’aime beaucoup !

Je le trouve parfaitement adapté aux tout petits, avec des textes courts et simples et une présentation ludique (un volet à soulever à chaque page).

A mon avis, cet album bien pensé leur dit tout ce qu’ils doivent savoir. Il est parfait pendant la grossesse, mais reste utile pendant les premier temps après la naissance.

En bonus, on voit la maman allaiter, et l’atmosphère de toutes les pages est bienveillante. Je signale tout de même que cet ouvrage a les défauts habituels en littérature jeunesse. D’une part, la famille représentée est « classique » (vous avez vu ici mon avis à ce sujet). Et, comme tous les albums cartonnés, ils est imprimé en Asie du Sud-Est. Mais cela reste un ouvrage que je trouve génial !

.

Dans mes bras

Ce livre d’Emile Jadoul (qui est aussi auteur de Les mains de papa) est imprimé en Belgique et paru en 2016 aux éditions L’École des loisirs (lien vers la fiche du livre). Je pense qu’il est adapté pour des enfants de 2 à 5 ans.

Dans cet album, Léon le petit pingouin vient de devenir grand frère. Et sa grande préoccupation est qu’il n’y a pas de place dans la maison pour ce nouvel enfant. En effet, le bébé ne peut pas aller dans SA chambre, il n’y a pas non plus de place entre ses parents puisqu’il y est déjà. Enfin, en regardant en dehors de l’igloo familial, Léon annonce qu’il a trouvé où mettre le bébé…

Cet album aborde la question clé des aînés : puisque la famille fonctionnait bien avant ce nouveau bébé, ne va-t-il pas se faire une place au détriment de l’ainé ? La fin de l’histoire est une pirouette, pas une solution miracle.

L’intérêt pour moi est que ce livre permet à l’aîné d’exprimer son inquiétude et son mécontentement pendant les premiers mois de vie du nouveau bébé. Et il en a besoin, à mon avis ! Car ce n’est que looongtemps après la naissance qu’un aîné profite réellement de l’arrivée d’un bébé. Au début (les 2-3 premières années, je dirais), sauf disposition particulière, il n’y a quasiment que des désavantages pour l’ainé, notamment la diminution du temps de présence réelle des parents et l’obligation de prendre en compte le rythme du bébé.

Ce livre se trouve assez facilement en bibliothèque. Et pour être honnête, je vous recommande de l’emprunter plutôt que de l’acheter, car il sert plus de déclencheur de discussion que d’album de référence à feuilleter plusieurs années durant.

.

Il y a d’autres ouvrages dans cette série, et notamment « Gros boudeur », toujours d’Emile Jadoul, paru en 2015 aux éditions l’École des loisirs. Cet ouvrage précède « Dans mes bras » et il est utile pendant la grossesse.

Cet album montre Léon très renfrogné. Ses amis essayent de le réconforter, en vain. On comprend à la fin qu’il est en fait inquiet, parce qu’il a appris qu’il allait être grand frère… Il a donc peut de devoir passer au stade « grand » alors qu’il a encore envie que ses parents le chouchoutent comme un petit.

Au passage, les communications entre personnages ne sont pas très douces, puisque Léon est d’abord étiqueté comme « gros boudeur » avant qu’on comprenne qu’il a une bonne raison de se sentir mal. A voir si vous trouvez cela gênant (les réactions des autres ne sont pas un modèle) ou utile (pour parler de ces réactions, qui sont quand même majoritaires dans notre société).

Comme « Dans mes bras », cet album ne propose pas de solution miracle mais permet d’aborder le sujet avec humour. Ensuite, c’est aux parents de prendre le relai du livre pour écouter ce qu’en pense leur enfant et lui répondre de manière pertinente. Parce que l’inquiétude de Léon est fondée… Il est tout à fait vrai qu’une fois le nouveau-né arrivé, les parents ont subitement l’impression que l’aîné est grand et autonome, puisque le nouveau-né l’est si peu !

 

.

Un petit frère pour Nina

Ce livre de Christine Naumann-Villebin est imprimé en Italie et paru en 2004 chez Kaleidoscope (lien vers la fiche du livre).

Dans cet album, Nina va avoir un petit frère et un cauchemar vient la titiller la nuit. Il lui dit que son frère prendra toute la place, etc. Le cauchemar grossit mais Nina ne se laisse pas déstabiliser et a toujours une repartie.

Comme les livres précédents, la fin du livre est une pirouette : Nina et son petit frère dorment dans la même chambre, et c’est le réveil du petit frère qui fait fuir le cauchemar à jamais. Entre temps, plusieurs pages ont illustré les inconvénient de la présence du petit frère (notamment le fait qu’il casse les oreilles avec ses hurlements). C’est donc un livre génial pour aborder l’arrivée du bébé, et les inquiétudes légitimes que ça engendre, avec un enfant de 3 à 6 ans. Par contre je l’ai simplement emprunté à la bibliothèque, pas acheté, car il est d’usage très ponctuel : pendant la grossesse.

J’aime beaucoup les illustrations, tendres et expressives, de Marianne Barcilon.

Pour compléter mon avis, voici celui de Ricochet jeunes.

Christine Naumann-Villebin propose d’autres ouvrages dans cette série (et on voit le petit frère dans certains). Elle a aussi écrit de nombreux autres livres pour enfants, et je vous en reparlerai parce que j’apprécie ce qu’elle fait !

.

Un amour de petite sœur

Ce livre d’Astrid Desbordes et Pauline Martin est imprimé en France (youpi !) et paru en 2016 aux éditions Albin Michel Jeunesse (lien vers la fiche du livre). Je le trouve parfait pour les enfants de 3 à 6 ans.

Cet album a le même format et la même esthétique que Ce que papa m’a dit. Mais ici, le texte est la succession des pensées du garçon qui devient grand frère.

Le texte est volontairement à hauteur d’enfant, à la fois candide et aiguisé. Les réflexions couvrent à la fois la période de la grossesse, les premiers mois avec la petite sœur et la période présente, où la petite sœur a environ 2 ans. Il pourra donc être lu pendant plusieurs années : si votre enfant est assez grand pour le lire quand le bébé va arriver, c’est donc un livre intéressant à lui offrir.

Au passage, quand je l’ai offert au Béluga, je lui ai proposé de choisir s’il voulait que je lui lise ce livre en version « petite sœur », comme le texte original, ou s’il préférait que je colle à notre propre situation en remplaçant par « petit frère ».

.

Je voulais également citer un dernier album pour enfants, pour lesquels j’ai des réticences mais pour qui, au final, j’ai plutôt un avis positif. Ma maman a besoin de moi, de Midred Pitts Walter est imprimé en France et paru en 2007 chez Bayard (lien vers la fiche du livre). Il est adapté de 3 à 5 ans.

Chouette, une histoire où les personnages ne sont pas blancs ! Mais les vêtements et décors sont bizarrement datés, comme dans une Amérique du siècle dernier. Je n’ai pas les connaissances pour savoir si c’est réaliste, mais cela me laisse dans tous les cas une impression étrange.

Chouette, une histoire où l’on voit la maman allaiter et, de manière très réaliste, essayer de dormir quand son bébé dort ! Mais la maman sort de la maternité avec un ventre ultraplat, accompagnée par un papa en costume trois pièces avec pour tout bagage une petite mallette comme celle qu’on emporte au travail…

Chouette, une histoire où l’ainé cherche sa place, entre sa croyance que sa maman a besoin de lui (et qu’il lui faut donc être présent pour l’aider) et la réalité des les premières semaines, où la mère est dans une relation fusionnelle avec le nouveau-né. Mais le jeune ainé, qui semble avoir 3 ans, semble vraiment livré à lui-même : il semble décider seul d’aller et partir de chez sa voisine, puis de se promener avec M. Pompey.

Au final, je pense avoir l’explication : l’histoire est racontée telle que l’enfant la voit. Et les illustrations reflètent ce regard mêlant réalité et imaginaire : il considère sa maman très belle (conformément aux critères de beauté qu’il a intégrés), il a l’impression qu’il passe sa journée en décidant lui-même ce qu’il doit faire, etc.

En tout cas, cette histoire finit avec beaucoup de douceur, avec un gros câlin entre la maman et son fils, qui décide ensuite d’aller jouer avec ses copains. J’aime également la douceur des illustrations (même si elles sont irréalistes), et le rythme « hors du temps » de cette histoire, comme pendant celui des premières semaines après une naissance.

.

Je termine par un retour d’expérience personnel sur l’arrivée d’un deuxième enfant dans la famille. J’ai lu au Béluga les albums de cet article adaptés à son âge, quand il en avait envie – c’est à dire pas souvent ! Et surtout, avec Doudou on lui a expliqué très honnêtement qu’avoir deux enfants était notre choix de parents depuis le début, et qu’avec cette deuxième naissance notre vie allait changer mais qu’on ne pouvait pas vraiment prévoir comment. Et donc qu’on se parlerait quand des choses nous gênent, afin de trouver des ajustements au fur et à mesure. Bref, la même discussion qu’on avait eu entre futurs parents avant la naissance du Béluga, sur le conseil avisé de notre sage-femme.

Un autre pilier chez nous, quel que soit le nombre d’enfants, c’est qu’on (la famille) est une équipe. Donc chacun fait un effort pour que les choses se passent correctement, c’est à dire pour que les besoins de chacun soient à peu près comblés. Bien sûr, chacun fait un effort à sa mesure ! Ici, les enfants doivent par exemple accepter que non, Maman ne lit pas d’album lors du coucher, parce qu’elle est trop fatiguée.

Pour finir, je partage avec vous deux recommandations que nous avons appliquées avec succès pour l’arrivée du Pinto, alors que le Béluga avait 4 ans et demi.

  • Lire le formidable livre « Frères et sœurs sans rivalité » de Faber et Mazlich. Comme pour les autres livres de ces deux autrices, il est extrêmement pratique, facile à lire, plein d’images éclairantes et de conseils concrets. Il est d’ailleurs utile même si l’on n’a pas d’enfants, pour revisiter les relations qu’on a eu avec ses frères et sœurs. C’est un indispensable, à mon avis ! Si je ne devais n’en extraire que deux conseils pour gérer l’adelphie, ce serait : 1) Ne jamais comparer les enfants. 2) Autoriser l’expression verbale de ses émotions, mais pas le passage à l’acte violent – que ce soit physique (coups) ou psychologique (insultes).
  • Offrir un cadeau (matériel ou immatériel) à l’ainé-e à l’occasion de la naissance du bébé. Ici, quand le Béluga est venu rencontrer son petit frère à la maternité, nous lui avons offert un jouet qui lui faisait envie. Puis, quand nos proches nous demandaient ce qu’ils pouvaient nous offrir lors de leur visite pour la naissance du bébé, nous leur suggérions d’offrir un cadeau au grand, qui se sent souvent mal lors de ces visites. Ces cadeaux peuvent être matériels ou, encore mieux, ils peuvent être l’annonce d’une chouette sortie pendant laquelle ces proches emmènent uniquement l’ainé-e. Un spectacle, une salle de jeux spécial enfants, ou tout simplement un après-midi au parc avec un goûter un peu spécial, afin que l’ainé se rende compte qu’il peut continuer à être chouchouté, seul à seul, comme avant – même si c’est moins fréquent. Il rentrera requinqué, et pendant ce temps les parents auront passé un moment tranquille, sans avoir à jongler entre leur rythme (santé physique et mentale, tâches ménagères et tâches professionnelles), celui du bébé et celui de l’ainé-e.

.

Bon week-end !