Les couches pour bébés : mon expérience

15 Juin

Bonjour !

Pour ce nouvel article de la rubrique Histoire d’objets, on reste dans un sujet de parentalité. Le Pinto est maintenant âgé de 2 ans et demi et nous ne comptons pas avoir d’autre enfant. J’ai donc envie de partager avec vous sur les sujets « bébé » tant que ce n’est pas trop lointain dans ma tête. Bon, pour dire vrai, j’oublie tout au bout d’environ 6 mois, mais heureusement j’ai noté beaucoup de choses dans les récapitulatifs que j’ai publié ici.

Aujourd’hui, parlons des couches. C’est une grosse dépense pour les parents ! Quand achète des couches lavables bien sûr, mais encore plus quand ce sont des couches jetables. Et pourtant, malgré le prix de ces paquets achetés chaque mois, malgré l’offre de couches lavables modernes et la présence d’un lave-linge automatique dans la plupart des foyers, les couches lavables ne sont pas encore redevenues la norme.

Comme d’habitude, cet article n’est pas un guide de la meilleure manière d’agir, mais un simple témoignage de comment cela s’est passé pour nous. Installez vous confortablement, je vous dis TOUT !

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Étape 1 : Les couches jetables pour les premières semaines (tailles 0/1 ou XS)

J’ai la chance d’avoir les ressources matérielles et mentales pour tenter l’aventure des couches lavables avec mes enfants. Malgré cela, on m’a conseillé de laisser passer les premiers temps avant de m’y mettre.

Pour le Béluga, j’avais donc acheté sur internet un petit stock de couches jetables écologiques. Ma Biocoop vendait certes des couches jetables écologiques, mais la plus petite taille vendue était la 3-5kg (taille 2). Or je voulais être sûre d’être équipée au cas où le Béluga naîtrait en avance. J’avais donc commandé sur le très chouette site Brindilles plusieurs paquets de couches écologiques jetables 2-4 kg (taille 1).

Et en effet, les 6 semaines après la naissance du Béluga ont été éprouvantes, avec en premier lieu la difficulté d’arriver à le nourrir suffisamment. J’ai donc vraiment apprécié de ne pas m’occuper du lavage du linge (normalement une de mes tâches ménagères) pendant cette période troublée.

En journée, je changeais les couches toutes les 2h, voire plus souvent. Si j’attendais plus, le Béluga avait des rougeurs. Pendant ses 6 premières semaines, j’ai donc utilisé environ 350 couches jetables – à priori la moitié en taille 1 et l’autre moitié en taille 2.

Lit parental type futon, lit bébé cododo Babybay, matelas à langer Ikea

Pour le Pinto, comme en général les seconds bébés sont plus gros que les premiers et que j’avais confiance sur le fait qu’il ne naîtrait pas trop en avance, je n’ai pas fait de stock de couches de toute petite taille. Et de toutes façons, ma Biocoop vendait des couches jetables Tidoo taille 1 (2-5 kg). J’en ai utilisé 5 paquets, soit 120 couches jetables. Puis je suis passée à la taille 2, avec 2 paquets format économique, soit 116 couches jetables.

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Étape 2 : Location de couches lavables pendant le 2ème mois (taille 2 ou S)

Quand le Béluga a eu 1 mois et demi, j’ai loué un lot de couches lavables chez Api Napi. On donnait le poids du bébé et sa morphologie et on obtenait un assortiment de couches variées : TE1, couche + culotte, à pression ou à scratch… Et si le bébé grandissait beaucoup lors de ce mois, on pouvait échanger gratuitement les couches devenues trop petites pour leur équivalent à la bonne taille ! Ainsi, le Béluga a testé des couches taille XS et taille S.

Ces couches comprenaient un gousset de protection au niveau des cuisses. C’est important pour être sûr que les selles de bébé allaité et pas encore diversifié, qui sont liquides, ne s’échappent pas. Mes couches préférées pour cette période étaient de la marque Imse Vimse : des couches TE1 à gousset fabriquées en Lettonie, avec des imprimés sympa, fermées par des scratches, à 22 euros la couche. Je n’en ai pas acheté, mais j’ai beaucoup aimé les utiliser dans le cadre de la location.

Pendant toute cette période de selles très molles, il est également très utile de mettre dans chaque couche un papier de protection épais. Nous avons été très satisfaits du papier de protection épais Popolini, que l’on peut laver et réutiliser environ 2 fois quand la couche a juste contenu de l’urine. Il suffit de bien le déplier quand il sort du lave-linge. Un rouleau de 120 feuilles nous tenait environ 1 mois et demi. Lors de la première utilisation de chaque feuille, il faut la plier quasiment en 2 dans la largeur, pour qu’elle rentre bien dans la couche. C’est important, car si un morceau de papier dépasse de la couche, il va conduire l’urine à l’extérieur de la couche…

Peu confiante en notre capacité à changer de fonctionnement, j’avais demandé à la vendeuse d’Api Napi quelle était la principale erreur des parents qui tentaient les couches lavables. Elle m’avait répondu sans hésiter : « C’est l’erreur de vouloir passer du jour au lendemain à 100 % de couches lavables ». Elle donnait donc l’excellent conseil de remplacer seulement une couche jetable par jour par une lavable puis, si cela convenait, de remplacer une deuxième couche, etc. En parallèle, on a complété par des couches jetables achetées en Biocoop.

En bref, j’ai adoré le service de location de couches Api Napi ! Il nous a permis de tester une variété de modèles pour découvrir ce qui nous convenait, et de bénéficier de conseils, le tout sans nous mettre aucune pression car le prix de la location était très économique et qu’il n’y avait aucun engagement. Api Napi ne propose plus ce service de location, mais une entreprise appelée Locacouche semble proposer une offre identique.

Pour le Pinto, dans l’idéal j’aurais repris une location de couches, à la même période. En effet, comme les bébés grandissent très vite pendant les 3 premiers mois, une location de couches lavables est particulièrement intéressante. Elle permet de ne pas avoir à acheter un lot de taille XS + un lot de taille S, qui sont utilisés vraiment peu de temps (quelques semaines chacun). Mais par manque d’énergie (pour ne pas dire « épuisement »), j’ai choisi de continuer avec des couches jetables jusqu’à ce que le Pinto atteigne la taille M. Hé oui, pour moi le développement durable,  c’est aussi gérer au mieux ses ressources mentales et physiques : appliquer ses valeurs tout en trouvant un équilibre réaliste pour le tenir sur le long terme sans se retrouver en burn-out.

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Étape 3 : Achat de couches lavables d’occasion (taille 3 ou M)

Quand le Béluga a eu 10 semaines (2 mois et demi), j’étais convaincue que les couches lavables nous convenaient. Je nous ai donc équipés en couches de taille M de notre modèle favori : les couches à poche, aussi appelées « TE1 à poche ». Ce sont celles qui ressemblent le plus aux couches jetables, ce qui est pratique pour les proposer aux proches ou à la nounou. Dans mon souvenir, j’avais acheté toutes ses couches taille M d’occasion sur Ebay.

Pour le Pinto, j’ai fait la transition quand il a eu 3 mois et demi. Mais pour une raison inconnue, je n’ai retrouvé que 2 des couches lavables taille M du Béluga. J’ai donc acheté pour le Pinto, toujours d’occasion, un lot de 10 couches TE1 taille M (sans gousset).

Le Pinto en couche lavable TE1 taille M

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Avec 12 couches, je n’avais pas tout à fait assez pour tourner à 100 % en lavables. En effet, il me faut un minimum de 15 couches pour avoir le temps de laver et faire sécher couches et inserts. Mais comme le Pinto grandissait très vite et que je ne voyais pas d’autres offres de couches d’occasion, j’ai décidé de gérer les quelques mois de taille M en insérant quelques couches jetables dans notre roulement. Le Pinto portait donc des couches lavables le jour (environ 6 par jour car on le changeait toutes les 2h30 – 3h), et une couche jetable la nuit. Une alternative encore plus écologique aurait été de faire une location partielle de couches lavables, par exemple auprès de Locacouche.

A noter, nous n’avons pas eu l’occasion de tester les couches Hamac. Ce concept n’existait pas quand le Béluga était petit. Et pour le Pinto, j’ai choisi de garder le même type de couches que le Béluga, afin que nos proches profitent de leurs compétences acquises.

Nous garnissons les poches des couches avec des inserts en microfibre. Ils ne sont pas d’origine aussi naturelle que les inserts en coton ou en bambou, mais ils sont plus légers, ne se déforment pas au fil des lavages et surtout ils sèchent beaucoup plus vite.

J’ai volontairement choisi des couches « à taille », ce qui signifie qu’il faut acheter un nouveau lot de couches quand le bébé grandit et change de taille (S, M, L). A contrario, il existe sur le marché des couches évolutives, aussi appelées couches à taille unique, ce qui signifie qu’on est censé utiliser le même lot de la naissance jusqu’à la « propreté » (continence), grâce à des pressions pour diminuer la longueur de la couche quand le bébé fait seulement une taille S ou M.

A gauche, couche évolutive repliée au minimum sur l’avant, garnie de 2 inserts taille S puis réglée au minimum à la taille. A droite, couche identique non repliée sur l’avant, garnie d’un insert M et un L, et réglée presque au maximum à la taille.

Sur le papier, les couches évolutives semblent donc un meilleur choix, plus économique. Mais le problème des couches évolutives, c’est quand le bébé fait une taille S ou M. Les replis font que la couche est plus épaisse et rigide qu’une couche lavable « à taille », autour du bassin et surtout au niveau de l’entrejambe. C’est donc moins confortable pour le bébé quand il fait une taille M, et je n’imagine même pas en taille S. Et en ce qui me concerne, c’était justement pour les tailles S/M qu’il me fallait convaincre mes proches que les couches lavables étaient aussi pratiques pour eux et confortables pour le bébé que des couches jetables… A noter, cela ne m’a pas empêchée d’acheter des couches évolutives, mais nous les avons utilisées uniquement quand nos bébés ont fait une taille L.

J’ai privilégié les couches fermant par pressions (idéalement une seule rangée de pressions). Les fermetures par scratch/velcro paraissent plus rassurantes quand on débute, car elles sont ajustables encore plus précisément que les fermetures à pressions. Mais je ne les ai pas appréciées pour 3 raisons. 1) La bande de scratch fait une petite épaisseur en plus sur le ventre. 2) Les scratchs s’usent beaucoup plus vite que les pressions, donc les couches d’occasion à scratch sont assez rapidement trop usées pour fermer solidement, surtout pour les couches que l’on utilise longtemps (taille L). 3) Détail important pour l’achat des couches en taille L : le bébé apprend plus vite comment ouvrir une couche à scratch…

J’ai fait le choix d’acheter quasiment toutes les couches lavables du Béluga en état d’occasion. D’une part, cela diminuait très fortement l’investissement, donc 1) je me serais moins mis la pression si finalement un modèle qui ne nous convient pas (c’est arrivé une fois) et 2) j’aurais moins grincé des dents si la nounou avait refusé de les utiliser. D’autre part, les couches d’occasion ont déjà été lavées de nombreuses fois donc elles ont une absorption maximale dès réception. Et comme je ne voulais pas me déplacer (flemme), j’ai tout acheté sur Ebay. Il y a souvent des lots de couches lavables en vente, à un prix très intéressant. Autre astuce : si l’on n’est pas sûr de la qualité de la couche proposée à la vente, on peut lire des avis d’utilisateurs sur le site Consobaby.

Je fais en sorte qu’on ait environ 18 couches à poche et 36 inserts en microfibre. Pour les couches livrées avec des inserts en coton ou bambou, j’ai acheté à part des inserts neufs en microfibre. Bien sûr, quand on fait du lavable à temps partiel, par exemple parce que le bébé est gardé en crèche, on a besoin de moins de couches. Une copine dans cette situation a ainsi utilisé seulement 4 couches lavables pour son bébé : cela peut paraître dérisoire, mais en fait cela économise déjà beaucoup de couches jetables !

Pendant cette période de selles encore irrégulières, on a continué à mettre dans chaque couche un papier de protection épais Popolini, que l’on peut laver et réutiliser environ 2 fois quand la couche a juste contenu de l’urine.

Inserts taille S, inserts taille M, couches taille unique Milovia, papier de protection épais Pinolino

Enfin, j’ai toujours eu un paquet de couches jetables écologiques au fond du placard. Un peu pour montrer que je n’étais pas sectaire, mais surtout pour pallier un souci éventuel de machine à laver, plusieurs jours de gastroentérite ou un bébé en visite qui aurait un besoin de couche imprévu.

J’ai acheté une seule fois des couches de maman couseuse. D’une part, c’était des TE1 traditionnelles donc trop longues à sécher pour moi. D’autre part, elles manquaient des petits détails pratiques des couches « industrielles ». Ceci dit, l’imprimé de ces deux couches artisanales était introuvable ailleurs !

beluga14

Le Béluga dans sa couche de supporter

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A 7 mois et demi, le Pinto pesait quasiment 9 kg et il était entre deux tailles de couches. Les couches taille M étaient trop petites. J’ai donc repris les anciennes couches taille L du Béluga – qui sont des couches évolutives, mais je vous ai expliqué plus haut que je ne les utilise qu’en taille L. Par contre, je trouvais que le Pinto était encore trop petit pour garnir les couches d’inserts taille L, qui font 13 cm de large. J’ai donc utilisé comme inserts mes langes les plus usés. Plié en 4 puis replié en 3, un lange rentrait bien dans la poche d’une couche. Cela faisait certes un gros popotin mais c’était assez absorbant pour tenir toute la nuit.

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Étape 4 : Achat de couches lavables neuves (taille 4/4+ ou L)

Si l’on n’a pas tenté l’aventure jusque là, les 11 kg du bébé sont un très bon moment pour commencer en couches lavables. En effet :

  • La vie quotidienne est souvent plus simple à gérer.
  • 11 kg est le début de la taille L, qui va tenir jusqu’à la « propreté » (continence). C’est donc un achat exceptionnellement rentable, y compris quand on ne compte pas avoir plusieurs enfants. Alors que les couches taille XS et S sont portées seulement pendant quelques semaines et les couches taille M pendant quelques mois, les couches taille L servent pendant environ 2 ans !
  • Bonus : les couches lavables, c’est bien plus joli que les couches jetables, et cela tient mieux au corps. Donc on n’a plus besoin d’utiliser de bodys ! En été, il suffit d’un T-shirt et d’une couche, voire de seulement une couche s’il fait très chaud.

Le Pinto au restaurant en plein été

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En plus, on peut acheter une couche pour vérifier qu’elle convient bien au bébé, puis proposer l’achat du reste des couches en cadeau collectif pour le premier anniversaire du bébé. Détail sympa : chaque proche peut choisir son imprimé favori ! Les boutiques internet Api Napi (qui existe aussi en boutique physique à Paris) et Lilinappy proposent un large choix de couches, aux imprimés tous plus craquants les uns que les autres.

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Et cela tombe bien, les couches de taille L sont plus économiques à acheter neuves. Comme le bébé grandit alors principalement en longueur, il les porte normalement de ses 11 kg jusqu’à ce qu’il soit continent. Pour le Béluga, j’avais acheté toutes ses couches d’occasion, y compris les taille L. Elles étaient d’occasion mais en excellent état, sûrement peu portées au moment où je les ai achetées. Et pourtant, un certain nombre de couches de taille L ont été inutilisables avant la continence de jour du Béluga : soit à cause des scratchs trop usés, soit à cause des élastiques de cuisse qui se sont détendus. Donc j’en ai rachetées, petit à petit, toujours d’occasion, et au final je pense avoir payé autant que si j’avais acheté dès le début des couches taille L neuves qui auraient tenu jusqu’à la fin. Alors pour le Pinto, j’ai acheté ses couches taille L neuves. Et au bout de plus d’un an de lavages très fréquents, certains élastiques commencent en effet à être un peu fatigués. CQFD : pour les tailles XS, S et M, un achat d’occasion est rentable, mais pour les tailles L, l’idéal est d’acheter un lot neuf.

couches2

A gauche, couches de jour (1 insert) de marques variées, à droite couche de nuit (2 inserts) de marque FuzziBunz, le tout de taille L

 

Pour les couches taille L du Pinto, j’ai donc cherché à les acheter neuves, et autant que possible fabriqués localement. Il n’y avait malheureusement aucune couche TE1 à poche fabriquée en France. Par contre, une marque fabriquait, et fabrique encore, en Pologne : Milovia. En plus, ses imprimés sont chouettes et variés (et ils changent une fois par an je crois), les couches ferment avec une rangée de pressions et les inserts sont en microfibre ! Il existe 2 tissus pour l’intérieur de la couche, mon préféré est le coolmax. Le Pinto a donc un stock de 18 belles couches Milovia One size Pocket Coolmax. Je les ai achetées petit à petit, histoire de lisser l’impact sur notre budget (il faut compter 28 euros par couche) et, je l’avoue, pour varier encore plus les imprimés. A noter, même à ce prix et en comptant le coût des lessives, on économise 1000 € par rapport au coût des couches jetables 4 et 4+ ! Je vous livre le calcul complet plus bas.

Chaque couche Milovia One size Pocket venant avec un insert taille S et un insert taille M, je les ai complétées avec les inserts taille L des anciennes couches du Béluga, ou avec de vieux langes pliés en 4 puis en 3. Bien sûr, on peut aussi acheter des inserts taille L séparément.

Pour le voile de protection qui sert à retirer facilement la selle éventuelle, à cet âge on n’utilise un papier épais (absorbant) mais voile fin (qui n’absorbe pas du tout l’urine). J’apprécie les rouleaux de voiles fins de la marque Tots bots. Ils sont réputés jetables après chaque change mais, personnellement, quand je mets une couche dans le lave linge, je mets aussi l’insert et je me suis aperçue qu’en étirant l’insert encore mouillé, à la sortie du lave-linge, on peut le réutiliser une fois.

A gauche, papier de protection épais Popolini. A droite, voile de protection fin Tots Bots.

A noter, ce changement du type de papier/voile de protection me semble vraiment important. Pour le Pinto, j’ai oublié de le faire et on a gardé le papier de protection épais Popolini jusqu’à ses 2 ans et demi. Or, à partir d’1 an et demi, il a eu des inflammations du prépuce à répétition, qui se sont arrêtées uniquement quand on lui a mis une couche jetable la nuit ! On pense que c’est l’urine qui restait absorbée dans le papier épais lui irritait le prépuce et on était bien étonné de rencontrer ce problème alors que pour le Béluga il n’y en avait pas eu. Et en écrivant cet article, je me rends compte qu’il aurait sans doute suffi qu’à l’âge d’un an et demi on remplace le papier de protection épais par un voile de protection fin… Pfff, il y a tellement de choses à gérer avec un bébé, c’est vraiment difficile de penser à tout !

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Voici mon calcul des coûts pour les couches jetables ou lavables, des 11 kg du bébé jusqu’à sa propreté de jour :

  • Hypothèse : Un enfant passe 2 ans en couches taille L ou 4/4+, à raison de 6 changes par jour.
  • Avec des couches jetables, il faut donc 6 x 365 x 2 = 4380 couches. En supposant que la moitié est en taille 4, à 20 € le paquet de 50 couches, et l’autre moitié en taille 4+, à 20 € le paquet de 48 couches, le tout de marque Tidoo, cela coûte 44×20 + 45×20 = 1780 €. A cela, il faudrait ajouter le coût du traitement de la quantité de déchets que représentent ces milliers de couches.

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Sur cette photo, la couche bouffe : elle s’aplatit ensuite en partie quand on ajoute un pantalon

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Un petit mot pour le choix des habits de bébé quand on met des couches lavables. A 11 mois, le Pinto mettait du 18 mois en pyjama, T-shirt et pantalon. Par contre il mettait du 24 mois pour les bodys de la plupart des marques et du 36 mois pour les bodys Petit Bateau (ma marque préférée car les bodys ne s’abiment pas au fil des lavages). De manière général, les enfants mettaient des habits à la taille normale pour leur âge, mais des bodys une taille au-dessus. Pour préciser, j’ai habillé le Pinto et le Béluga avec des pyjamas (à pressions qui se ferment devant) jour et nuit tant qu’ils ne marchaient pas, puis avec des pantalons jogging à la fois souples et épais (autant que possible de la marque Petit Bateau, achetés d’occasion, toujours impeccables malgré de nombreuses lessives). C’était très confortable pour les enfants et il y avait sans problème assez d’espace pour la couche lavable.

Une couche lavable fait tout de même un plus gros popotin qu’une couche jetable. Mais comme vous le voyez sur les photos, ce n’est pas grotesque, et surtout c’est confortable pour l’enfant. Personnellement, je pense que ce qui devrait être considéré comme anormal, c’est d’habiller les bébés et jeunes enfants avec des habits peu confortables, juste pour leur donner une apparence d’adultes en miniature !

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La gestion des couches au quotidien

Pour le lavage des couches, je mélange les couches et les lingettes lavables sales avec le reste de notre linge sale (comme indiqué au début de l’article, le lavage du linge fait partie de mes tâches ménagères). Quand on est hors de la maison et chez la nounou, on les met dans un sac à couche ou tout simplement un sac plastique (le change est une tâche ménagère partagée).

Prêts pour une sortie d’une bonne demi-journée : couches lavables (Milovia), lingettes lavables (faites maison), sac à couches (acheté d’occasion avec un lot de couches lavables), petite veste, gourde et sac pour transporter le tout

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Au moment de remplir la machine, je retire les inserts des couches, parce que je pense qu’ainsi ils doivent être mieux lavés, et surtout parce que le séchage sera plus rapide. Si la couche a contenu une selle, le voile souillé a été jeté (à la poubelle, de préférence, autant que possible il faut éviter de le jeter dans les toilettes), en général au moment du change, sinon je le jette au moment de remplir la machine à laver. Si les selles ont débordé du papier, je rince bien la couche avant de la mettre dans la machine à laver. Si la couche n’a contenu que de l’urine, je mets le voile dans le lave-linge.

Quand Doudou et moi étions seuls à la maison, je faisais 3 à 4 machines par semaine. Avec le Béluga, ses habits, ses draps et ses couches, on est passé à 6-7. Puis avec le Pinto, on est à 7-8 machines par semaine – toujours en mélangeant nos vêtements, notre linge de maison et les couches.

Je lave à 40 °C avec de la lessive écologique en poudre achetée par seau de 5 kg (marque Lerutan). Je sèche les couches à l’air libre, sur un étendoir. Elles sèchent en 24 h à Marseille. Quand nous habitions dans un petit appartement humide en région parisienne, j’étendais les couches sur l’envers pour qu’elles sèchent bien même dans les coins, et il fallait compter 48 h de séchage en hiver – j’accélérais le séchage en utilisant un radiateur chauffe serviettes.

couches

Couches lavables à poche évolutive en train de sécher sur un radiateur chauffe serviettes.

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Quand le linge est sec, on empile les inserts choisis et les met dans la poche de chaque couche.

Couches One size Pocket et inserts de taille S et M (Milovia)

Puis on ajoute une feuille de voile de protection (épais pendant les premiers mois, fin par la suite).

Couches garnies d’un papier épais Popolini. A droite, papier neuf, à gauche papier réutilisé après lavage

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On a proposé les couches lavables aux nounous de nos enfants en leur disant que :

  • On lui fournit chaque jour des couches prêtes à être enfilées.
  • Il lui suffit de mettre la couche sale dans le sac à couches, et je me débrouille le soir pour jeter le voile de protection s’il contient des selles, puis séparer le reste et le mettre à laver.
  • Bien sûr, si au bout de quelques jours de tests elle sent qu’elle n’est pas à l’aise avec ça, on peut passer aux jetables en journée.

Au final, cela leur a convenu à chaque fois et elles jetaient même le voile de protection quand il y avait une selle.

On a juste eu deux ajustements à faire. Premier souci, une nounou a eu des fuites de couche pendant les siestes. On s’est aperçu que c’est parce qu’elle serrait beaucoup la couche, justement dans l’espoir d’éviter les fuites, mais cela devait former des plis qui laissaient passer l’urine. Les fuites ont disparu quand elle a fermé la couche normalement. Deuxième souci, pas trop gênant donc on ne lui en a pas parlé : la nounou mettait une quantité notable de liniment et/ou de crème pour le change à chaque fois qu’elle changeait la couche. Les couches s’encrassaient donc plus vite (3 fois par an pour le Pinto, contre jamais pour le Béluga).

Le décrassage des couches et inserts consiste à faire partir tous les résidus (crème pour le change, liniment, lessive liquide) qui finissent par boucher les mailles du tissu et empêcher la couche de bien absorber l’urine. On détecte qu’une couche est encrassée parce qu’elle a une odeur forte et qu’elle absorbe moins bien. La solution est expliquée ici : laver les couches et inserts normalement (avec lessive en poudre) puis les relaver dans un cycle sans lessive, à 60 °C. Si besoin, répéter encore une fois ce cycle sans lessive à 60 °C.

Lors de courts séjours de 1 ou 2 jours hors de la maison, on a utilisé soit des couches jetables (quand on était à l’hôtel), soit un stock de couches lavables laissé sur place (quand on était chez nos parents). Et pour les séjours de 3 jours ou plus, je vérifiais que le logement comportait un lave-linge, j’emportais une dizaine de couches propres et un peu de linge sale de la maison. Ainsi, avec les couches et le linge sale du premier jour, combinés au linge sale apporté de la maison, j’avais de quoi remplir une machine le matin du deuxième jour. En veillent à l’étendre devant les radiateurs, elle était sèche le matin du troisième jour. Bonus : on rentrait à la maison avec moins de linge sale à laver !

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Notre espace à langer

Voici comment on a organisé notre zone de change.

Pendant les premières semaines avec le Béluga, j’avais apprécié d’utiliser une table à langer car j’avais du mal à me pencher et me redresser – même en changeant le Béluga sur notre lit à caissons, pourtant relativement haut. Mes parents nous avaient donc acheté en urgence une commode à langer, hélas pas du tout durable (neuve, sans doute fabriquée en Chine dans de mauvaises conditions, et dont les tiroirs étaient difficiles à utiliser). Pour le Pinto, j’avais anticipé en achetant une table à langer écologique et fabriquée en France : Alice, de la marque Combelle. Je l’ai trouvée d’occasion sur Ebay, à un prix très économique et dans un excellent état. (Par contre, je ne l’ai finalement pas utilisée, et elle a fait le bonheur d’une autre famille.)

Assez vite pour le Béluga et immédiatement pour le Pinto, j’ai préféré langer au sol. A côté du matelas à langer posé par terre, je mets tout ce qu’il faut pour le change :

  • des couches prêtes à être utilisées,
  • du liniment pendant les premières semaines,
  • du papier toilette, pour le premier nettoyage des selles,
  • une pile de lingettes lavables en tissu éponge, pour finir le nettoyage avec du liniment ou de l’eau,
  • un mini radiateur, indispensable chez nous pour les premiers mois de change,
  • une petite corbeille ou un sac à couche, qui reçoit les lingettes et les couches sales.

Espace de change pour les premières semaines du Pinto

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Pour le choix du matelas à langer, je n’ai trouvé aucun matelas qui soit assez solide pour tenir de la naissance à la propreté d’un bébé ! Le matelas à gonfler Ikea est solide, mais au bout d’un moment il est trop petit. Et les plus grands matelas à langer, garnis de mousse, ont toujours eu leur enveloppe plastique qui s’est déchirée au bout d’un moment !

Pour la crème pour les rougeurs du siège, j’ai commencé avec la crème pour le change de Weleda en pensant à tort que sa composition était végétale. J’en ai utilisé en tout un tube et demi pour le Béluga. En finissant ce deuxième tube pour le Pinto, j’ai découvert avec une grande déception que cette crème contient en fait de la cire d’abeille et de la lanoline ! J’ai donc testé d’autres marques (à la composition végétale) une fois ce tube fini. Mais aucune d’elle ne permettait de guérir les quelques rougeurs de siège du Pinto, au contraire… Je suis donc revenue à la crème pour le change de Weleda, qui est non végane mais qui est tellement efficace que je n’ai eu que 2 tubes à acheter pour chacun de mes enfants, de leur naissance à leur continence.

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Quand la continence de nuit est tardive

Le Béluga a été « propre » (continent) de nuit à 5 ans et demi, plusieurs années après avoir été continent de jour. Vers 4 ans, ses couches lavables en taille L ont donc été trop petites. J’ai alors acheté plusieurs modèles de couches lavables XL. Mais ils se sont révélés encombrants au niveau des inserts, et donc inconfortables pour lui. De plus, le Béluga préférait avoir les fesses très au sec dans une couche jetable. Pendant un an et demi (je crois), on a donc racheté régulièrement des couches jetables écologiques taille 5 puis 6 en hypermarché, en espérant à chaque fois que ce paquet serait le dernier.

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Bon week-end !

12 Réponses to “Les couches pour bébés : mon expérience”

  1. Hélène 15 juin 2019 à 17:32 #

    merci Sandrine, c’est exactement ce genre d’article que je cherchais ! je vais prendre le temps de le lire en détail 🙂 merci également pour les rubriques livres, passionnantes et pleines de découverte. Belle journée ensoleillée, cordialement, Hélène

    • vegebon 26 juin 2019 à 23:09 #

      Merci beaucoup pour ton commentaire Hélêne ! Je suis contente que mes articles de livres de plaisent aussi :).

  2. Christel 15 juin 2019 à 20:13 #

    Coucou Sandrine,

    Article très intéressant et bien détaillé. Les opposants au couches lavables invoquent souvent les selles liquides mais tu montres qu’il y a des solutions.
    La mairie de Paris a fait le calcul et cela revient moins cher d’acheter des couches jetables que de passer aux lavables. Raison invoquée. Le coût énergétique du aux nombreux lavages des couches et le nombre de lavables qu’il faudrait avoir. Dommage même si j’imagine que les choses diffèrent entre un particulier et une collectivité. Cela aurait été un signal fort si Paris était passé aux couches lavables.

    Grosses bises à vous 4.

    • vegebon 26 juin 2019 à 23:12 #

      Bonjour Christel,
      Merci pour ces infos. Je pense que si on payait le ramassage des ordures au vrai prix que cela a sur l’environnement, les couches lavables auraient été plus avantageuses financièrement… C’est dommage comme tu dis. En même temps, vue la difficulté qu’ont un certain nombre de crèches parisiennes pour accepter le lait maternel, alors qu’officiellement c’est encouragé par la Ville, je me dis que ce n’est vraiment pas facile d’introduire des modifications dans leur organisation !

      • Christel 27 juin 2019 à 19:24 #

        Coucou Sandrine,
        Dans ma crèche le lait maternel est accepté et un espace dédié à l’allaitement va être trouvé prochainement.
        Toutes les crèches ne se valent pas comme toutes les écoles.
        Bonne soirée!

      • vegebon 29 juin 2019 à 20:03 #

        C’est super Christel ! J’ai entendu effectivement plusieurs mamans découragées d’allaiter dans les locaux de la crèche de leur bébé. Et beaucoup de mamans font le lait maternel était géré de manière draconienne, par exemple en imposant que le lait soit tiré uniquement la vielle (ce qui n’est pas nécessaire si les conditions de conservation ont été respectées) ou en jetant tout biberon de lait entamé (ce qui n’est pas nécessaire dans le cas du lait maternel) tout en refusant que la maman apporte de plus petits conditionnements.
        Grosses bises

  3. Marie 16 juin 2019 à 21:51 #

    Super article, et bien complet ! Merci :). Et bien que je ne prenne sue rarement la peine de commenter, merci bcp pour ton blog et toutes ses infos!
    Juste une petite remarque perso: Mes 2 fils sont passés des S aux M après quelques mois (4 mois environ? Je ne suis plus très sure…) mais sont restés en M jusqu’à leurs 2 ans passés. Donc ici ce sont les L (tailles uniques en fait, mais comme toi je ne les ai utilisé qu’en L) qui n’ont presque pas servi (ici je m’en sers comme couche de nuit pour mon 2e, en attendant qu’il soit totalement continent de nuit. Donc il est peut-être interessant de ne pas faire ses achats trop à l’avance, et de suivre les courbes du bébé pour décider de ce qu’on achète (j’aides maigrichons).
    Par contre, mon 2e est très coquet et prend bien soin de choisir LA couche pour la nuit, et là les jetables n’ont aucune chance face aux lavables avec motifs…

    • vegebon 26 juin 2019 à 23:53 #

      Bonjour Marie,
      Merci beaucoup pour ton commentaire ! Tu as raison de nuancer mon propos, effectivement cela dépend aussi de la silhouette de l’enfant.
      Effectivement, pour les motifs, les couches lavables gagnent haut la main ! Et pour nous, au niveau de l’odeur aussi : on n’apprécie pas celle des couches jetables – même propres.

  4. anne 19 juin 2019 à 12:45 #

    Bonjour,

    Merci pour cet article super complet! J’aurai été heureuse de le lire au moment de la naissance de mes enfants. En effet, j’ai été un peu trop optimiste et je suis tombée dans le panneau « tout remplacer par des couches jetables ». Je vais pouvoir faire suivre le lien de cet article à ma sœur, qui se tâte encore pour son fils.
    J’en profite pour vous remercier de tous vos articles, de votre implication dans ce blog. Je suis une lectrice de l’ombre, et je ne commente jamais. Là j’en profite parce que je pense que tout l’investissement en temps que vous mettez pour vos articles mérite bien un petit mot de ma part pour tout ce que j’y apprends!

    • vegebon 27 juin 2019 à 07:24 #

      Merci beaucoup Anne ! Oui un petit mot fait toujours plaisir :).
      J’espère que votre sœur pourra profiter de nos expériences pour trouver le modèle qui lui convient, y compris si c’est un mix entre couches lavables et jetables.

  5. Agathe 30 août 2019 à 11:38 #

    J’étais passée à côté de cet article, je n’ai pas tout lu dans le détail vu que mon organisation fonctionne bien 🙂
    Je me permets de tiquer sur le fait de jeter les voiles aux toilettes, si tu vois qu’ils ne se dégradent pas lorsque tu les mets à la machine, il y a peu de chance qu’ils aient le temps de se dégrader d’ici à la station d’épuration, par précaution je conseille toujours à mes amis de les mettre aux toilettes, qu’importe l’indication sur les paquets.

    Ici on nous a prêté des couches lavables taille naissance, que j’ai essayé sporadiquement, puis on s’est lancés progressivement à partir de 2 mois 1/2 (j’ai attendu ensuite l’acceptation de la nounou pour bien m’équiper).
    On est essentiellement sur des bambino mio te2 (deux tailles, plus et moins de 9kg), on a changé un peu avant ses 1 an mais elle ne faisait pas 9 kg encore.
    On utilise des voiles polaires qui se lavent et non des voiles jetables (après je sais que ça rejette des microfibres dans l’eau au lavage :/).
    La nuit on a des couches de nuit (couches classiques popolini avec shorty petit lulu)

    Pour le lavage, c’est tous les 3 jours, je ne lave que ça. Je fais un premier cycle à 30° 30 min, et ensuite un autre cycle normal (je rajoute parfois quelques bodies s’il y a de la place, mais c’est important de bien laisser les couches se frotter les unes aux autres).
    On est donc à 1 an de couches lavables, elles sentent toujours aussi bon et sont toujours aussi blanches !
    Concernant le tapis à langer, le notre est d’occasion ! On est passés au change au sol vers 10 mois car la miss se mettait debout sur le meuble. Et on utilise bien souvent qu’une serviette posée sur le tapis de sa chambre.

    Les couches lavables, oui ça se gère et c’est pas si terrible, mais je serai contente de m’en débarrasser !

    • vegebon 1 septembre 2019 à 07:34 #

      Bonjour Agathe,
      Merci pour ton commentaire détaillé ! C’est intéressant la variété de nos pratiques :). Pour le voile lavable, argh de argh !! C’est dingue comme on peut passer à côté d’évidences, bien sûr que si ça tient et lavable cela tiendra jusqu’aux grilles de la station d’épuration… Je vais ajouter quelque chose dans l’article pour signaler ce problème.
      Et comme le Pinto vient de se passer de couches en journées, je te confirme : la vie est forcément plus facile maintenant. D’autant que maintenant il fait enfin ses nuits. On ne crie cependant pas victoire top vite, car il rentre à l’école et pour son grand frère cela avait donné une rechute niveau sommeil… Les enfants, c’est une aventure renouvelée tous les jours, on ne s’ennuie jamais ;).

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