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Récit et alimentation de grossesse végé

20 Mai

Bonjour !

J’ai découpé ce que je voulais vous dire sur ma grossesse en 2 parties : aujourd’hui, un article très personnel avec le déroulé de ma grossesse et un bilan de ce que j’ai mangé au cours de ces 9 mois… au cas où ces données puissent servir à quelqu’un.
Dans un prochain article, une liste de ce qui m’a été particulièrement utile pendant la grossesse, que ce soient des livres, des objets divers ou des cours.

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Déroulé de ma grossesse

Pour ceux que cette liste de détails même pas drôle n’intéresse pas (je vous comprends !!) mais qui veulent savoir ce qui se passe de marquant lors d’une grossesse, lisez plutôt ce déroulé humouristique de grossesse ou ce bilan de grossesse du blog 9 blogueurs racontent 9 mois.

  • Le pré-préambule (juin) : J’arrête la contraception (mais évite la période de fertilité) et commence à prendre des compléments alimentaires prénataux pour refaire les niveaux de vitamines et minéraux si besoin.
  • Le préambule (juillet) : En vacances en Écosse, je passe toutes les journées à finir de rédiger ma thèse pendant que ma famille fait du tourisme. Stress intense, aucune aide de mon directeur de thèse, galère pour avoir internet… Un embryon démarre mais s’échappe au bout d’une semaine – à mon avis à cause de l’état de stress de mon organisme.
  • Mon 1er mois (août) : Une fatigue inexpliquée et de petites douleurs aux seins me font soupçonner une grossesse, qui a été confirmée par test urinaire puis prise de sang. Mon médecin généraliste me fait prendre de l’acide folique et en profite pour prescrire un bilan sanguin complet, les résultats sont impec ce qui est très rassurant pour la suite, notamment les questions des proches sur mon choix de continuer le végétalisme enceinte. J’ai une énorme poussée d’acné, bien pire qu’à l’adolescence (Doudou confirme) et les cheveux gras (et ça va durer 3 mois).
  • Mon 2ème mois (septembre) : Le pire mois de ma vie, j’ai bien cru tout lâcher ! Un nouveau boulot dans un nouvel endroit, ma soutenance de thèse et la première journée Saveurs durables, une fatigue et un stress énormes, nausées et grosses difficultés à manger (une semaine à manger quasiment que du pain et de la compte). J’ai la nette impression que l’intensité de mes nausées est directement liée à mon niveau de stress et/ou de fatigue. Il est bien trop tard pour s’inscrire dans une bonne maternité publique parisienne donc je me fais suivre par une sage-femme libérale du Groupe naissance, que je verrai 1h tous les mois, qui ne me pèsera jamais et ne fera qu’un seul toucher avant l’accouchement (par contre il faut assurer niveau finances).
  • Mon 3ème mois (octobre) : Ouf, quelques jours de vacances pour souffler un peu… Toujours nausées et dégoûts alimentaires, acné et cheveux gras. A la fin du mois, la 1ère échographie nous montre que le bébé est toujours là (ouf, la peur d’une fausse couche s’éloigne, je vais pouvoir commencer à m’investir émotionnellement) et qu’il est seul (ouf, pas de jumeaux ! Déjà que je ne sais pas comment je m’en sortirai avec un seul bébé…). Je commence le yoga prénatal avec Taia.
  • Mon 4ème mois (novembre) : Je commence à avoir une petite bosse mais j’arrive facilement à la cacher au boulot – je n’assume pas encore de rendre ma grossesse publique devant mes élèves. Un soir, la petite bosse est au niveau de la ceinture de mon pantalon taille basse, ce n’est pas confortable alors je tente un truc, au cas où ce bébé serait frileux comme sa mère. Je pose ma main dessus jusqu’à ce que la chaleur se transmette à la peau de mon ventre puis, tout doucement, je déplace ma main vers le nombril. Bingo, la bosse remonte ! Mine de rien, je viens de commencer l’haptonomie. Le premier « cours » d’haptonomie suit peu près, le bébé y est très réactif.
  • Mon 5ème mois (décembre) : Ouf, encore quelques jours de vacances… J’ai encore réussi à cacher mon ventre, même si une élève m’a démasquée – d’après ma démarche dit-elle !
  • Mon 6ème mois (janvier) : Avec un peu de retard, deuxième échographie. Le bébé grandit bien, pile dans les moyennes, et on sait maintenant que c’est un garçon.
  • Mon 7ème mois (février) : Toujours pressée, je me fais désormais gronder par les élèves quand je cours dans les couloirs. Puis quelques jours de vacances avec de grosses siestes, désormais sans mon beau chat. A la fin des vacances, je me repose moins : cours à préparer, moments en amoureux, fête de grossesse… Ça déclenche une série de contractions qui modifie le col de l’utérus. Résultat : game over, arrêt de travail, fini la rigolade (et les câlins crapuleux), 4h allongée par jour + le reste à bouger très calmement… Comme « bouger calmement » je ne sais pas faire, ça donne allongée toute la journée. Heureusement, j’ai un ordi portable, un pupitre pour l’utiliser dans le lit et plein de cours et devoirs à préparer pour ma remplaçante.
  • Mon 8ème mois (mars) : Toujours au lit alors que je me sens en forme. Heureusement que je peux encore travailler à distance (et surfer sur internet).
  • Mon 9ème mois (avril) : Youhou, à partir du 5 avril commence le 9ème mois = le bébé peut naître sans être considéré comme prématuré ! Enfin pour la médecine, parce que pour l’allaitement si… mais c’est une autre histoire. Je recommence à bouger calmement (et appliquer ce kâlendrier). Une semaine plus tard vient la naissance.

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Mon alimentation pendant la grossesse

Je vous recommande de lire (et partager) cet article, écrit par une non végé, qui résume de manière équilibrée la vision actuelle des parents végétaliens et leur situation réelle.

La théorie

Devant l’absence de livres français dédiés à l’équilibre nutritionnel d’une grossesse végétalienne (il en existe qui parlent de grossesse végétarienne), j’ai pioché chez les anglophones. The Everything on Vegan Pregnancy Book, de Reed Mangels est un livre en anglais qui couvre toutes les questions nutritionnelles liées à une grossesse végétalienne. Ce livre n’est pas nécessaire quand on connait déjà la nutrition végétalienne « normale » et qu’on a lu quelques livres/sites sur la grossesse, mais j’ai trouvé rassurant le fait de le lire et l’avoir sous la main en cas de question, par exemple de mes proches, car il est écrit par deux médecins.

Quelques éléments clé

Des compléments alimentaires prénataux : À prendre dès que l’on souhaite concevoir, qu’on soit végé ou non, afin de remettre à niveau les nutriments. En effet, un déficit peut ne pas causer de symptômes sur soi mais diminuer la fertilité. A minima, il faut 400 microgrammes d’acide folique (vitamine B9) pendant les 3 premiers mois. Et pour les végétaliennes (et les végétariennes consommant peu de produits animaux), de la vitamine B12 tous les jours car le bébé la puise dans le sang et pas dans les réserves de la mères (c’est valable aussi pendant l’allaitement) – dans mon cas elle est incluse dans le comprimé de complément alimentaire.

A l’annonce de ma grossesse, mon généraliste a prescrit un bilan sanguin approfondi – il y avait sûrement plus de 12 tubes, l’infirmière n’est pas arrivée à tous les prendre avec ses 2 mains, mamma mia j’ai pas osé compter… Pas rigolo sur le moment, mais extrêmement rassurant pour la suite.

Des sources de vitamines : Dès que les nausées ne restreignent plus trop l’alimentation, j’ai essayé de varier au maximum, parce que c’est la meilleure garantie d’avoir une alimentation équilibrée.

Des sources de calcium : Pour moi, sésame, amande, brocoli.

Des sources de fer : Pour moi, légumineuses + crudités, graines germées, germe de blé, levure de bière. Pendant les 2 derniers mois, j’ai en plus pris des comprimés de fer à titre préventif car mes réserves de fer (ferritine) baissaient – même si mon taux sanguin de fer (transferrine, hémoglobine) était encore normal.

Des sources d’acides gras insaturés omega-3 : Pour moi, de l’huile de colza, des graines de lin moulues et pas trop cuites et des ampoules de DHA + EPA. Attention, il faut arrêter les ampoules d’omega-3 (mais pas les huiles de cuisine ou le lin) pendant le dernier trimestre de grossesse car une surdose d’oméga-3 peut faciliter les hémorragies lors de l’accouchement.

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Ma journée type de menus pendant la grossesse

Je n’ai aucune prétention à dire que ces menus sont favorables à la grossesse, il s’agit juste de ce que, personnellement, j’ai eu envie de manger pendant cette période.

Petit déjeuner

  • Un bol de chocolat chaud (3 cuillères à soupe de purée d’amande, 1,5 cuillère à café de cacao amer, 1,5 cuillère à café de sucre complet, 300 ml d’eau bouillante)
  • 4 grosses tartines de pain (à la farine complète et au levain naturel) avec de la margarine végétale et de la confiture

Déjeuner
Un bentô

Goûter/dîner/en-cas du soir
Au cours de ces 3 moments, je mangeais forcément :

  • Des crudités (en général fruits et légumes),
  • Des légumineuses (sous forme tartinade ou mixées dans une soupe de légumes),
  • Des céréales (sous forme de pain, pâtes, riz…)
  • Du yaourt
  • Du germe de blé (de sorte d’en consommer 2 cuillerées à soupe par jour)
  • Des graines de sésame (pour 1 petite cuillère à soupe par jour),
  • Des graines germées (plusieurs fois par semaine),
  • Des fruits secs (purée d’amande au petit déjeuner, autres fruits secs en dessert ou collation),
  • De (très) loin en loin, un peu de levure de bière et un petit peu d’algues.

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Mes envies de grossesse

  • Le gras y compris les frites (probablement parce que mon alimentation n’est pas si riche en lipides) : j’en mangeais en moyenne une grosse barquette par semaine, bien salées et accompagnées de ketchup
  • Le plus salé que d’habitude (en temps normal je mange très très peu salé, donc pour éviter l’hypotension ?)
  • La choucroute crue avec des dés de pomme (pour la vitamine C vu que je ne mangeais pas énormément de fruits ?)
  • Le yaourt, les pruneaux, les graines de sésame : J’en mangeais assez souvent ensemble avec en plus des dés de fruits, ça fait un super dessert ou en-cas.
  • Les pois chiches : Vous l’avez vu sur cet article (pour l’apport en protéines ?)
  • Le germe de blé : Ce n’était pas une envie particulière mais j’essayais d’en caser 1 à 2 cuillères à soupe dans mes repas de la journée.

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Mes non-envies de grossesse

  • Lors du 1er trimestre, les poivrons et la roquette (impossible d’en manger, le goût insupportait) et pendant quelques semaines les oléagineux,
  • Le sucré : Je ne suis pas bec sucré en temps normal, là c’est encore plus net – entre cette non-envie et les céréales mangées souvent sous forme complète, aucun risque de diabète gestationnel !

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J’espère que cet article ne vous a pas trop barbé et qu’il pourra être utile à quelqu’un.

Bon dimanche !