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La part du colibri

1 Août

Comme promis, je travaille sur une nouvelle série d’articles sur le thème « Pourquoi rester omnivore ? ». Mais j’ai besoin d’encore un peu de temps afin de vous proposer un article bien construit. Alors aujourd’hui on va parler d’un petit conte : la légende du colibri.

J’ai découvert ce conte via cet entretien dans le magazine électronique FemininBio. FemininBio est un site de ressources bâti sur le même modèle que  le site AuFeminin, mais version biologique/écologique. FemininBio reste dans un modèle social standard (acheter des produits à la mode, faire un régime au printemps), mais il présente aussi des idées alternatives. C’est donc une bon outil de transition pour les femmes qui  sont tentées de passer du mode de vie français standard à quelque chose de plus respectueux et réfléchi. Je ne connais pas de site équivalent pour les hommes, n’hésitez pas à m’en signaler si vous les connaissez !

La légende du colibri

La légende du colibri est un conte amérindien raconté par Pierre Rabhiici en une courte vidéo  et  en un petit texte.

Voici la métaphore que ce conte m’évoque (ceci est donc mon propre point de vue, vous pouvez ne pas être d’accord – si vous êtes plusieurs à préférer une autre métaphore, je réviserai la mienne) :

  • La forêt qui brûle est l’équivalent de la Terre dont les ressources s’épuisent (pour les incrédules, je rappelle l’existence de ce rapport de l’ONU qu’on a analysé ici).
  • Les animaux qui regardent la forêt brûler sont ceux qui ont une empreinte écologique pas trop élevée, par exemple ceux qui consomment peu de produits d’origine animale, exotique, hors saison ou très transformés.
  • Le colibri est celui qui va, en plus, essayer de diffuser la mobilisation. Par exemple en parlant de l’impact écologique de l’élevage à son entourage, en montrant que tout le monde peut se régaler à manger végétarien un jour par semaine, en offrant des pâtisseries éco-responsables à ses proches, etc.
  • Quand à ceux qui refusent carrément de diminuer leur consommation de viande et de fromage, d’acheter moins de produits exotiques ou hors saison, je les imagine dans le conte comme des animaux qui jetteraient de toutes petites allumettes enflammées dans l’incendie. Une seule allumette pour toute une forêt qui brûle, ça ne change rien, on est bien d’accord. Au fait, combien d’allumettes je jette par jour ?

Cette métaphore sur l’écologie est transposable à toute cause qui vous touche en tant qu’humain : un problème trop énorme pour être réglé individuellement, mais auquel chacun participe un tout petit peu.

Conclusion

La légende du colibri a donné naissance à plusieurs initiatives, comme le Mouvement Colibris. On peut donc espérer qu’on finira par l’éteindre, cet incendie !

Bien sûr, vous savez que pour épargner les ressources planétaires il faut manger quasiment végétalien, local, de saison et privilégier la cuisine faite maison. Sacré programme ! Personnellement, je ne l’ai pas fait jusqu’à il y a un an. Jusqu’alors, j’avais bien trop de choses à faire dans ma vie de tous les jours pour réfléchir à l’éthique de mon alimentation ! Chacun a son histoire, ses contraintes, ses croyances. Il n’est pas facile de changer son quotidien du jour au lendemain.

Alors, sommes-nous condamnés à regarder la forêt brûler ? Voici mon avis : si on croit profondément en quelque chose, on finit toujours par s’en approcher, même si c’est un peu, même si c’est dans longtemps. Alors si vous voulez faire votre part du colibri mais que, comme tout le monde, vous avez déjà une vie complètement remplie d’impératifs divers, voici ma stratégie !

Ma stratégie en 4 étapes pour résoudre n’importe quel problème

Je vous explique cette stratégie dans le cadre de l’alimentation, mais elle est évidemment adaptable pour tout autre objectif personnel.

1) Décidez quelle est votre alimentation idéale, avec toutes les informations disponibles sur ce blog, ailleurs, et surtout avec vos propres désirs. Celle dont vous rêveriez pour votre propre vie idéale, qui serait en accord avec vos envies gustatives, vos aspirations morales, le respect de votre corps, etc. On ne parle pas de la vie que veulent  pour vous vos parents et ou la société, mais de la vie qui vous satisferait profondément. Prenez le temps d’y réfléchir, de l’inventer, en écoutant aussi vos intuitions. Décrivez précisément comment serait cette alimentation : de quoi serait-elle composée, d’où viendrait-elle, comment arriverait-elle chez vous, comment vous la prépareriez, comment vous la dégusteriez… Si besoin, notez tout ça sur un carnet.

2) Analysez vos contraintes. Votre alimentation actuelle est probablement différente de votre idéal. Pour quelles raisons ? Identifiez tout ce qui vous empêche de l’appliquer : pas de temps pour faire les courses tous les 2 jours, pas assez de recettes végétariennes locales dans vos carnets, peur de la réaction des autres mangeurs de votre foyer, etc. Listez chacune de ces contraintes.

3) Trouvez des solutions faisables. A chaque fois qu’un problème est clairement posé, on trouve une solution pour le résoudre, au moins partiellement. Toujours. Même si c’est pour dire : « mon problème est trop ambitieux, je dois le reformuler ». Voici un exemple pour me faire comprendre. Problème initial : Une personne qui mesure 1m70 et s’habille en 46 souhaite s’habiller en 34 un an plus tard. Verdict : souhait trop ambitieux, il n’existe pas de solution faisable. Réflexion : que souhaite vraiment cette personne ? Ce qu’elle veut n’est pas rentrer dans une taille 34, c’est avoir un corps plus désirable. Nouvelle formulation du problème : Cette personne souhaite perdre 10 kg et avoir un corps plus ferme. Solution faisable : repenser son alimentation avec le suivi d’un nutritionniste et faire 60 minutes de sport par jour, en commençant par un sport modéré comme la marche.

4) Décidez d’un échéancier. Essayer une recette végétarienne lundi prochain, tenter un voyage en magasin bio la prochaine fois que vous en croisez un, aller au marché quand vous serez en vacances, etc. Il n’y a pas besoin de dates précises, seulement de repères par rapport à votre propre rythme de vie. En face de chaque contrainte, notez les solutions faisables ainsi que leur échéancier.

A titre d’exemple, voici ma propre stratégie alimentaire :

– But : manger bio, végétalien, local, de saison, le plus frais possible, en favorisant ma santé, en passant un minimum de temps à cuisiner, en maintenant un budget alimentaire modeste, et en me régalant à chaque repas. (Hé oui, rien que ça, mais on a bien dit que c’était l’alimentation idéale ^^.)

– Contraintes, solutions et échéancier :

  • Contrainte 1 : Je n’ai pas de jardin ni de balcon, et toutes les AMAP du coin sont complètes. Solutions :  Au printemps prochain, poser de petits plants d’herbes aromatiques, voire de tomates cerises, sur mon rebord de fenêtre. Dès que j’ai un emploi stable, m’inscrire sur la liste d’attente d’une AMAP dont les jours de distribution sont compatible avec mon emploi du temps. En attendant, acheter mes légumes auprès d’un grossiste bio (moins cher qu’en biocoop). Solution à plus long terme : essayer d’avoir un petit bout de jardin et le transformer en potager en carrés (c’est facile, esthétique et productif). Quand j’aurai ce jardin, commencer à économiser afin de m’acheter un déshydrateur quelques années plus tard (pour conserver le surplus de la production du jardin).
  • Contrainte 2 : Mon homme et moi risquons de ne pas aimer les légumes locaux fournis par l’AMAP. Solutions : chaque semaine, nous habituer aux légumes peu courants grâce aux paniers bio (dont on ne choisit pas le contenu et qui contient souvent un légume peu connu). Dès que j’ai un peu de temps, collecter des recettes de cuisine faciles et délicieuses pour nous faire aimer ces légumes étranges.
  • Contrainte 3 : Les recettes disponibles sur internet indiquent souvent des ingrédients exotiques (noix de cajou, huile de coco). Solution : quand je fais la recette pour moi-même, trouver et expérimenter des substitutions avec des ingrédients plus locaux. M’aider de cette liste très utile pour substituer des aliments  exotiques dans les recettes (pour les non-anglophones, voici une traduction assez approximative.)
  • Contrainte 4 : Les recettes les plus express demandent un mixeur très puissant. Solution : quand j’aurai une augmentation de salaire, je commencerai à économiser pour acheter un mixeur puissant quelques années plus tard.
  • Contrainte 5 : L’équilibre alimentaire végétalien est une chose nouvelle pour moi. Solutions : immédiatement chercher des informations de source fiable sur internet, ouvrir un blog diffusant le résultat de ces recherches afin de maintenir ma motivation ; au bout de 1 an puis avant tout désir de grossesse, rencontrer un nutritionniste bien renseigné sur l’alimentation végétalienne afin de détecter et corriger les déséquilibres possibles de mon alimentation.

En cas de panne, n’hésitez pas à faire appel aux autres : vos proches, mais aussi la formidable communauté internet. Si vous vous posez une question, cherchez la réponse dans un moteur de recherche ou sur un forum. Quasiment à chaque fois, il existe une personne qui s’est posé la même question avant vous. Et un groupe est capable de résoudre des problèmes insolubles pour une personne seule, c’est un fait reconnu !

Recette de bavarois au chocolat

Un magnifique dessert, très gourmand, qui nécessite un poil d’organisation (la recette se fait en 4 étapes) mais finalement peu de travail au vu du résultat. C’est donc une recette parfaite pour un évènement exceptionnel à fêter, d’autant qu’elle peut être préparée la veille et qu’elle se transporte très bien (le dessert est protégé dans son ruban de rhodoïd et ne contient pas d’élément sanitairement fragiles comme les œufs crus).

J’ai adapté cette recette du blog VG-Zone, spécialiste des desserts végétaliens qui en jettent (mais les auteurs publient aussi des recettes salées, des revues  d’aliments végétaliens, de restaurants parisiens, etc).

Bavarois au chocolat prêt à être déposé sur un plat de service et à être débarrassé du rhodoïd protecteur.

Attention, cette recette nécessite le matériel suivant :

  • du rhodoïd : j’utilise des transparents spécial photocopieur (un paquet vous fera toute une vie de cuisinier, voire plus si  vous lavez les feuilles après usage pour les réutiliser)
  • un cercle à pâtisserie : j’utilise un moule circulaire sans fond (moule à charnière), mais je pense acheter un cercle à pâtisserie extensible (peu cher, quasiment inusable, multi-fonctionnel et facile à ranger).

Ingrédients pour 8 personnes
– 350 g de chocolat à 60% de cacao
– 400g de crème végétale (200g + 200g)
– 200g de spéculoos Lotus (les autres marques contiennent souvent du miel)
– 150g de poudre pralinée OU 75 g de noisettes et 75 g de sucre complet
– 60 g de margarine (40g + 20g)
– 15 g de cacao amer
– 2 g d’agar-agar
– Facultatif (pour la déco) : 20 g de chocolat noir, 2 cuillère à soupe de cacao amer et 8 amandes émondées (je les fais tremper une nuit dans de l’eau, c’est meilleur et ensuite il est facile de les éplucher)

Préparation

Étape 1 : Fond biscuité
– Découper une bande de rhodoïd de 10 cm de large et assez longue pour former un cylindre de même diamètre que le cercle à pâtisserie. Conserver les chutes de rhodoïd pour la déco.
– Scotcher le cylindre et le placer à l’intérieur du cercle à pâtisserie. Déposer le tout sur le plat de service et s’assurer que le tout rentre dans votre réfrigérateur. Si vous voulez transporter le gâteau sans plat de service, remplacez le plat par un carré de carton (ou un livre) rigide recouvert de papier aluminium.
– Faire fondre 40 g de margarine.
– Réduire les spéculoos en poudre fine, en écrasant les biscuits à la main ou dans un mixeur.
– Verser dans un saladier, ajouter 15 g de cacao et mélanger avec les mains.
– Ajouter la margarine fondue et malaxer le tout afin que la margarine s’incorpore bien à la poudre de biscuits. Le résultat ressemble un peu à la pâte d’un crumble, en plus collant.
– Verser ce mélange à l’intérieur du moule et bien compacter le tout afin d’avoir une couche uniforme de biscuit. Ne pas hésiter à tasser aussi fort que possible (avec un pilon ou à la main) afin que le biscuit ne s’effrite pas lors du découpage.
– Mettre au frigo 1 heure (ou toute la nuit) ou au congélateur 20 minutes. Pendant ce temps, préparer la poudre pralinée.

Papier cartonné pour faire le support, papier à transparent pour entourer le dessert, fond biscuité tassé (j’ai enlevé le cercle à pâtisserie pour faire la photo).

Étape 2 : Couche pralinée
– Dans une casserole, verser les noisettes et le sucre. Faire chauffer à feu doux pour que le sucre caramélise.
– Verser sur une feuille de silicone (ou de papier cuisson) et laisser refroidir. Ne lavez pas votre casserole, on va la réutiliser.
– Casser en morceaux puis mixer finement.
– Dans la casserole, verser l’agar, 200g de crème végétale et la poudre pralinée.
– Bien mélanger le tout avec un fouet ou une cuillère, et placer sur feu moyen.
– Dès le début de l’ébullition, continuer à mélanger et laisser encore sur le feu pendant 1 minute.
– Verser sur le fond biscuité. On obtient une couche qui recouvre tout le fond biscuité. Ne lavez toujours pas la casserole…
– Garder au frais durant 1 heure avant de poursuivre la recette, afin que la couche se solidifie. A ce stade, on peut retirer le moule métallique (mais il faut conserver le rhodoïd).

Étape 3 : Ganache chocolatée
– Dans la casserole sur feu très doux, faire chauffer 350 g de chocolat avec 200 g de crème végétale.
– Mélanger régulièrement, jusquà ce que le chocolat soit presque totalement fondu.
– Retirer la casserole du feu et ajouter la margarine. Le chocolat va finir de fondre.
– Bien fouetter pour obtenir un mélange lisse et brillant. N’hésitez pas à utiliser un batteur électrique.
– Verser uniformément sur la couche de praliné. Voilà, vous pouvez laver votre casserole maintenant !
– Réserver au frais durant 3 heures ou plus (une nuit sans problème).

Étape 4, facultative : Décoration
– Préparer 2 morceaux de rhodoïd de même taille, environ 20 cm sur 10 cm.
– Faire fondre 20 g de chocolat (dans un bol qui trempe dans une assiette à soupe pleine d’eau bouillante).
– Verser le chocolat fondu sur un morceau de rhodoïd et recouvrir de l’autre morceau. Le chocolat s’étale alors en une couche d’environ 2mm d’épaisseur.
– Mettre au frigo pendant environ 20 minutes, pour que le chocolat devienne ferme mais pas encore cassant.
– Enlever le rhodoïd du dessus et découper des étoiles, au couteau ou à l’aide d’un emporte-pièce.
– Déposer les étoiles sur 
le rhodoïd enlevé et mettre au frigo jusqu’au moment de servir le dessert ou de l’emballer pour le transport.
– Saupoudrer le cœur de cacao (SAUF s’il servira de gâteau d’anniversaire avec bougies à souffler !), planter les étoiles à la verticale (ou les déposer à l’horizontale) et planter les amandes dans la ganache.
– Si on transporte le gâteau, placer le support au milieu d’un grand carré de papier craft. Ramener les coins du papier au-dessus du dessert et agrafer. Pendant le transport, soutenir le paquet par le dessous, au cas où les agrafes lâchent (on ne sait jamais).

Notez qu’ici le suport est carré, donc chaque côté du support est face à un coin du papier craft.

– Retirer délicatement le rhodoïd. Découper en toutes petites parts, car ce dessert est très dense !

Remarques

  • Si vous voulez souffler les bougies sur ce gâteau mais que vous n’envisagez pas de repeindre les murs de la pièce (et les vêtements des invités) couleur chocolat, ne saupoudrez pas le dessus du bavarois avec le cacao ! Le dessert sera joli quand même :

  • Le chocolat de la ganache doit être au maximum à 60 % de cacao, sinon la margarine s’échappera de la ganache, comme ci-dessous. Et ne vous faites pas avoir par certaines marques qui incluent du « beurre pâtissier » dans leur chocolat. C’est triché, le vrai chocolat ne contient que du beurre de cacao pour faire la matière grasse !

  • Si vous cherchez un plat salé à servir avant ce dessert de fête, pourquoi ne pas essayer celui-ci ?

Bonne semaine !

Recette de cuisine durable